Mondial 2026 : Le Maroc dépose (enfin) son dossier, la chasse aux voix s’accélère

Lors d’une conférence de presse à Casablanca ce samedi 17 mars 2018, les éléments du dossier de la candidature Maroc 2026 déposé jeudi dernier à Zurich ont été dévoilés. Moulay Hafid Elalamy, président du Comité de candidature, a largement souligné que l’organisation de la Coupe du monde au Maroc s’inscrirait dans la stratégie de développement économique et social du pays. Le Royaume chérifien doit désormais convaincre la planète football.

La date est dans toutes les têtes. Le 13 juin prochain à Moscou, dans la capitale russe, à la veille de l’ouverture de la Coupe du monde 2018, le Maroc saura s’il devient le deuxième pays africain, après l’Afrique du Sud, à recevoir un mondial, le premier à 48 nations.

En attendant cette date fatidique pour le Royaume chérifien, le temps presse. Aujourd’hui, il faut absolument que le Maroc récolte des voix au-delà de son continent. Le pays a été battu à quatre reprises lors des scrutins d’attribution des Mondiaux 1994, 1998, 2006 et 2010.

 

 

Un héritage pour le pays

Pour recevoir le monde entier, la candidature devra réunir au moins 104 voix des 207 membres de la FIFA qui s’exprimeront. Ce n’est plus le gouvernement de la FIFA, qui choisit le pays hôte du Mondial, mais les fédérations nationales membres de l’instance.

Lors de la conférence de presse qui a suivi le dépôt du dossier, Moulay Hafid Elalamy a largement souligné que l’organisation de la Coupe du monde de la FIFA s’inscrivait dans la stratégie de développement économique et social mise en place par le Royaume. Si la Coupe du monde revient au Maroc, le pays devra dépenser 4% de son budget chaque année pour la réalisation de toutes les infrastructures. « Le Maroc présente un dossier aux qualités indéniables et propose d’organiser une Coupe du monde réussie, responsable et profitable avec un héritage important pour le pays mais également pour le continent, tant au niveau des infrastructures, sportives et non-sportives, qu’au niveau du savoir-faire », dit-il.

« Depuis notre dernière candidature en 2003, notre pays s’est métamorphosé, ajoute-t-il. Nous voulons accélérer notre développement. Il y a eu des catastrophes économiques avec le Mondial, et nous n’allons pas aller dans des choses folles. L’héritage qui restera est en droite ligne avec ce que nous envisagions comme développement dans les prochaines années. » Le Maroc doit se doter par exemple de 21 hôpitaux aux normes internationales en plus des 12 stades dont cinq seront modulaires.

Convaincre en dehors du continent

Désormais, le Maroc va devoir convaincre pour récupérer le maximum de votes. Après le volet technique dans le dossier déposé à la FIFA (Le Bid Book Maroc 2026 comprend 40 000 pages, ndlr), il va falloir faire l’explication de texte. « Les ambassadeurs de notre candidature sillonnent le monde en entier. Il ne faut pas trop se fier aux déclarations récentes », lance Moulay Hafid Elalamy, faisant certainement référence aux propos du ministre des Sports saoudien, Turki bin Abdul Mohsen Al-Sheikh, qui a déclaré ne pas être sûr de donner sa voix au Maroc. « Nous avons déjà pas mal de soutiens spontanés », avance encore Moulay Hafid Elalamy. Des ambassadeurs comme Didier Drogba ou Samuel Eto’o vont accompagner le Maroc. Mais d’autres noms devraient être dévoilés dans les prochains jours. « Nous avons rencontré déjà des votants. La fin du match, c’est le 13 juin. On ira partout où il faut convaincre. Nous n’avons pas peur, nous avons des appuis un peu partout », assure Moulay Hafid Elalamy.

Ironie du sort, l’ex-président déchu de la Fédération internationale de football (FIFA), Joseph Blatter, a pris position en faveur du Maroc pour l’organisation de la Coupe du monde 2026. « Le Maroc serait un hôte logique, avait tweeté le Suisse. C’est à nouveau l’heure de l’Afrique ! »

« Ce que dit Blatter ne m’intéresse pas. Il n’est plus en poste », rappelle sèchement Moulay Hafid Elalamy. « Nous devons séduire les pays d’Europe et d’Asie », a récemment déclaré Nawal El Motawakel médaille d’or du premier 400m haies féminin de l’histoire des Jeux olympiques à Los Angeles en 1984, membre du comité de candidature du Maroc.

Selon le Maroc, le choix des villes, toutes situées à moins de 550 kilomètres de Casablanca et idéalement connectées en termes de transport, devrait offrir les meilleures conditions aux supporters. D’autre part, 70 pays peuvent arriver au Maroc sans visa. Un autre argument de taille pour la candidature.

Maroc 2026 sera avant tout « une candidature du continent africain », assure Moulay Hafid Elalamy qui dit avoir beaucoup joué au football dans sa jeunesse. « Le Maroc a toujours eu un rapport particulier avec ce sport. Un gamin qui a cinq minutes devant lui sortira son ballon »,  conclut le ministre de l’Industrie.

Le Maroc accueillera les experts de la FIFA pour la visite d’inspection officielle qui aura lieu du 17 au 19 avril prochains.RFI

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Carinos CHANHOUN
Directeur de Publication à Afrique Sports

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