En coulisses, le choix du futur secrétaire général continue de diviser profondément au sein de la Confédération africaine de football. Entre volonté de continuité interne et pressions extérieures de plus en plus perceptibles, le dossier reste ouvert et particulièrement sensible.
Le départ de Véron Mosengo-Omba a rebattu les cartes au sommet de la Confédération africaine de football. Pour gérer cette période de transition, le comité exécutif a confié l’intérim à Samson Adamu, un cadre expérimenté de l’institution. Ancien directeur des compétitions, le responsable nigérian bénéficie d’une bonne connaissance des rouages internes et d’une image relativement préservée.

Ce choix s’inscrit dans une logique de stabilité. Plusieurs décideurs estiment que son profil rassurant et sa maîtrise des dossiers en cours font de lui une option crédible, au moins à moyen terme. Dans un contexte déjà tendu, cette continuité apparaît pour certains comme un gage de sérénité.
Mais en parallèle, une autre dynamique prend forme en dehors du continent. Du côté de Zurich, la FIFA suivrait de près l’évolution du dossier. L’instance mondiale pousserait en faveur d’une autre candidature : celle de Gelson Fernandes, actuel directeur des associations membres pour l’Afrique.
Sa présence remarquée lors de la dernière réunion du comité exécutif de la CAF n’est pas passée inaperçue. Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un signal clair, voire d’une tentative de positionnement stratégique. Cette implication croissante suscite des interrogations en interne et alimente les tensions.
Plusieurs voix au sein de la CAF dénoncent une influence grandissante de la FIFA dans les décisions clés. Certaines sources évoquent même une multiplication de profils proches de Zurich à des postes stratégiques, renforçant le sentiment d’ingérence. Cette situation ravive un débat ancien sur l’autonomie réelle de l’organisation continentale.

D’un côté, certains dirigeants défendent l’apport d’une expertise internationale, estimant qu’elle peut renforcer la gouvernance et la crédibilité de la CAF. De l’autre, plusieurs responsables redoutent une marginalisation progressive des cadres africains et une perte de contrôle sur les orientations majeures du football continental.
Le contexte actuel rend le dossier encore plus délicat. La CAF doit déjà faire face à des affaires sensibles, notamment le contentieux autour de la CAN 2025 examiné par le Tribunal arbitral du sport. Dans ce climat, toute instabilité institutionnelle pourrait fragiliser davantage l’organisation.
Pour l’heure, Samson Adamu poursuit sa mission d’intérim avec une position relativement solide. Toutefois, aucune décision définitive n’a encore été prise. La prochaine Assemblée générale pourrait être décisive, à condition que les tensions internes ne s’intensifient pas davantage. Derrière ce choix stratégique, c’est l’équilibre des pouvoirs et l’avenir de la gouvernance du football africain qui se jouent.

