CAN 2025 : quand le sacre du Sénégal se heurte au silence de la CAF et de la FIFA
Champion d’Afrique au terme d’une Coupe d’Afrique des nations 2025 intense et âprement disputée, le Sénégal a inscrit une nouvelle ligne prestigieuse à son palmarès. Pourtant, cinq jours après la finale remportée face au pays hôte, les Lions de la Teranga évoluent dans une atmosphère pour le moins déroutante. Alors que la victoire aurait dû être unanimement saluée par les instances dirigeantes du football mondial et continental, aucun message officiel de félicitations n’a été adressé par la FIFA ou la Confédération africaine de football (CAF). Un silence inhabituel, lourd de symboles, qui intrigue autant qu’il interroge.

Dans les usages institutionnels, la reconnaissance publique d’un champion est presque automatique. Communiqués officiels, publications sur les réseaux sociaux, déclarations protocolaires : tout concourt habituellement à célébrer le vainqueur. Cette fois, rien. Une absence remarquée qui dépasse la simple négligence administrative. Pour de nombreux observateurs, ce mutisme s’apparente davantage à une prise de position tacite, voire à une forme de désapprobation à peine voilée.
Ce climat étrange trouve son origine dans les nombreuses controverses ayant entouré la compétition, et plus particulièrement la finale. Les tensions sur le banc sénégalais, les décisions arbitrales contestées et les scènes jugées excessives ont alimenté un débat passionné bien au-delà du terrain. Sans remettre officiellement en cause le sacre du Sénégal, la CAF et la FIFA semblent, par leur silence, marquer une distance prudente vis-à-vis d’un dénouement qui a laissé des traces.
Ce ressenti est d’autant plus renforcé par certaines décisions prises après la compétition. Le refus d’attribuer à Pape Thiaw le trophée de meilleur entraîneur du tournoi, malgré le titre continental, a été perçu comme un signal supplémentaire. Pour beaucoup, ces choix traduisent une volonté implicite de rappeler à l’ordre, voire de « sanctionner moralement » un vainqueur jugé trop turbulent dans la forme, sinon dans le fond.
Du côté sénégalais, ce silence est vécu comme une injustice. Le peuple, encore porté par l’euphorie d’un nouveau sacre continental, peine à comprendre pourquoi la performance sportive, indiscutable sur le terrain, semble reléguée au second plan. Car au-delà des polémiques, le Sénégal a dominé la compétition avec autorité, constance et caractère.
En définitive, cette CAN 2025 restera dans les mémoires non seulement pour le triomphe des Lions de la Teranga, mais aussi pour cette zone d’ombre institutionnelle. Un paradoxe saisissant : sacré roi d’Afrique, le Sénégal se retrouve pourtant confronté à un silence qui résonne comme une condamnation sans verdict officiel.

