Interrogé par les journalistes de RMC sur le comportement de Pape Thiaw lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, Hervé Renard a livré une analyse nuancée, mêlant le regard d’un entraîneur chevronné à une compréhension profondément humaine. Sans nier les faits, le technicien français a toutefois refusé d’accabler le sélectionneur sénégalais, choisissant de replacer l’incident dans le contexte très particulier d’une finale disputée sous une tension extrême.
D’entrée, Hervé Renard reconnaît que l’attitude de Pape Thiaw ne saurait servir d’exemple. « C’est vrai qu’on ne peut pas faire ça », concède-t-il, rappelant qu’un tel précédent pourrait ouvrir la voie à des dérives préjudiciables au jeu. À ses yeux, si ce type de comportement venait à se généraliser, « les matchs deviendraient sans fin », chaque équipe pouvant être tentée de contester ou d’interrompre le jeu selon ses intérêts.

Pour autant, l’ancien sélectionneur du Maroc et de la Zambie rejette toute lecture manichéenne de la situation. Il insiste sur la charge émotionnelle exceptionnelle qui entoure une finale continentale. « Parfois, dans un moment aussi chaud, on peut faire des erreurs, cela peut arriver à tout le monde », explique-t-il, rappelant que même les entraîneurs les plus expérimentés ne sont pas à l’abri d’un débordement sous la pression.
Hervé Renard a également tenu à souligner la personnalité de Pape Thiaw, qu’il affirme bien connaître. « Je connais Pape Thiaw, c’est une bonne personne », confie-t-il, estimant que le sélectionneur des Lions de la Teranga ne saurait être réduit à cet épisode isolé. À ses yeux, l’attitude adoptée après la rencontre mérite d’être saluée : « Il a fait son mea culpa après le match, donc au moins il reconnaît son erreur », conclut Renard, voyant dans cette démarche un signe de responsabilité et de maturité.
Pour l’entraîneur français, cet épisode s’inscrit avant tout dans le contexte d’une finale d’une tension extrême, où la moindre décision arbitrale pouvait faire basculer le sort du match. « C’est arrivé au mauvais moment », a-t-il conclu, invitant implicitement à dépasser la polémique pour recentrer le débat sur l’essentiel : la performance sportive et le sacre du Sénégal.

