Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, a lancé un appel à la responsabilité et à la retenue afin de faciliter une issue favorable dans le dossier des 18 supporters sénégalais actuellement détenus au Maroc. Ces derniers ont été interpellés à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, disputée le 18 janvier dernier.
Dans un entretien accordé à l’Agence de presse sénégalaise (APS), le président de la FSF a insisté sur la nécessité de privilégier une approche mesurée pour sortir de cette crise. Selon lui, seule une posture empreinte de hauteur et de responsabilité permettra d’aboutir à des solutions concrètes et apaisées. « Il faudrait qu’on prenne de la hauteur pour trouver des solutions à cette situation », a-t-il déclaré, soulignant la complexité et la sensibilité du dossier.

Abdoulaye Fall n’a pas manqué d’exprimer sa profonde préoccupation face à cette affaire qu’il qualifie de douloureuse pour l’ensemble des acteurs concernés, notamment les familles des personnes détenues, mais aussi pour le football sénégalais dans son ensemble. Il a rappelé que ce type de situation dépasse le cadre purement sportif et peut avoir des répercussions humaines et diplomatiques importantes.
Dans cette optique, le dirigeant a clairement affiché sa position sur la gestion des conflits liés au sport. Il estime que les litiges sportifs doivent impérativement être traités par les instances compétentes du monde du sport, et non par les juridictions civiles ou pénales. À ses yeux, le recours à la justice ordinaire dans ce genre d’affaires constitue un précédent dangereux, susceptible de fragiliser l’autonomie des institutions sportives. « Je suis contre la judiciarisation des litiges sportifs », a-t-il martelé, appelant à une réflexion globale sur la gouvernance du sport en Afrique.
Pour rappel, les 18 supporters sénégalais arrêtés au Maroc ont été condamnés à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme pour des faits qualifiés de « hooliganisme », à la suite de violences survenues en marge de la finale de la CAN 2025. Cette décision a suscité de nombreuses réactions et alimenté un climat de tension entre les différentes parties concernées.

Initialement prévu à la fin du mois de mars, le procès en appel de ces supporters a été reporté à plusieurs reprises, prolongeant ainsi l’incertitude autour de leur sort. Selon les informations disponibles, la prochaine audience devrait finalement se tenir le 13 avril. Ce report aurait été décidé par la justice marocaine à la demande d’un des mis en cause, de nationalité franco-algérienne, impliqué dans cette affaire.
Dans ce contexte délicat, les propos d’Abdoulaye Fall apparaissent comme un appel au dialogue et à l’apaisement, dans l’espoir de trouver une solution équilibrée et respectueuse des principes du sport et des droits humains.

