Sénégal

Soupçons de corruption à la CAF : Patrice Motsepe se lâche sur le Sénégal

Momar Touré3 min de lecture
Soupçons de corruption à la CAF : Patrice Motsepe se lâche sur le Sénégal

En déplacement officiel au Rabat, après un bref passage au Sénégal, le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, a tenu à répondre publiquement aux accusations visant l’instance qu’il dirige. Jeudi 9 avril, lors d’une conférence de presse organisée à Salé, en périphérie de la capitale marocaine, le dirigeant sud-africain a catégoriquement rejeté les soupçons de corruption évoqués par les autorités sénégalaises, à la suite de la décision controversée concernant la finale de la CAN 2025.

Face aux journalistes, Patrice Motsepe s’est montré particulièrement ferme. Il a assuré qu’aucune irrégularité n’entachait les procédures internes de la CAF, qualifiant les accusations de « fausses et sans fondements ». Bien au contraire, il a affirmé encourager toute initiative judiciaire visant à faire la lumière sur cette affaire. « Si quelqu’un souhaite engager une action en justice en affirmant qu’il existe des faits de corruption au sein de la CAF, non seulement je l’accueille favorablement, mais je l’encourage. Il n’y a absolument rien à cacher », a-t-il déclaré, affichant sa volonté de transparence.

Pour rappel, la polémique a éclaté après la décision du jury d’appel de la CAF de déclarer l’équipe du Sénégal forfait lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Cette décision a conduit à l’attribution du titre au Maroc sur tapis vert, avec un score officiel de 3-0. Une issue qui a provoqué une vive réaction à Dakar, où le gouvernement sénégalais a officiellement demandé, le 18 mars dernier, l’ouverture d’une enquête internationale pour faire la lumière sur d’éventuelles pratiques douteuses au sein de l’instance continentale.

Dans ce contexte tendu, la Fédération sénégalaise de football a décidé de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport, basé à Lausanne. Patrice Motsepe a salué cette démarche, estimant qu’elle s’inscrivait dans une logique normale de recours juridique. Selon lui, cette procédure permettra de clarifier définitivement la situation. « Ces différends liés à la finale appartiennent désormais au passé dans la mesure où une décision est attendue », a-t-il expliqué, tout en précisant que la CAF respectera scrupuleusement le verdict qui sera rendu, quelle qu’en soit l’issue.

Par ailleurs, le président de la CAF a également été interrogé sur le sort des supporters sénégalais impliqués dans les incidents survenus lors de cette finale particulièrement tendue. Dix-huit d’entre eux ont été condamnés en première instance à des peines de prison allant de trois mois à un an pour des faits qualifiés de hooliganisme. Sur ce point, Patrice Motsepe a adopté une position mesurée, rappelant son attachement au respect des institutions judiciaires nationales. Il a ainsi indiqué qu’il respectait pleinement la souveraineté judiciaire du Maroc, refusant toute ingérence dans les décisions prises par les autorités locales.

Au final, cette affaire continue de susciter de vives tensions entre les différentes parties, dans l’attente du verdict du TAS, qui pourrait définitivement clore ce dossier hautement sensible pour le football africain.