Meurtre de Cheikh Diouf à Salé : que tente de cacher la police marocaine ?
La mort tragique de Cheikh Diouf, un ressortissant sénégalais, à Salé, au Maroc, après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, continue de susciter de vives réactions et de nombreuses interrogations. Selon plusieurs sources, l’homme aurait été violemment agressé à l’arme blanche à la suite de l’événement sportif, qui avait déjà provoqué une forte tension dans la ville. Cependant, dans un communiqué publié peu après, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a démenti ces informations, affirmant avec fermeté que Cheikh Diouf n’avait pas perdu la vie dans ces circonstances. Cette déclaration officielle, bien qu’elle se veuille rassurante, soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Les autorités marocaines insistent sur le fait que les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux ne reposeraient sur aucun fondement vérifiable. Elles qualifient les publications affirmant le décès de Cheikh Diouf de « fausses informations » et appellent à la prudence. Pourtant, plusieurs éléments de l’affaire, tels que la violence présumée de l’agression et la temporalité des événements, restent flous. Les témoignages de témoins oculaires, relayés sur les réseaux sociaux, évoquent un incident grave survenu dans un quartier proche du stade, où plusieurs Sénégalais avaient célébré la victoire des Lions de la Teranga. L’écart entre ces récits et la version officielle de la DGSN laisse planer un doute persistant.
La question qui se pose désormais est celle de la transparence des autorités face à un incident impliquant un ressortissant étranger. Dans un contexte où les tensions post-match ont été particulièrement élevées et où la communication officielle se montre limitée, il devient légitime de s’interroger sur la possibilité d’une volonté de minimiser ou de contrôler l’information afin d’éviter un scandale diplomatique ou social. L’absence de détails sur l’état de santé réel de Cheikh Diouf, la nature exacte de l’agression et les mesures prises par les forces de sécurité nourrissent ce sentiment de zone d’ombre autour de l’affaire.
En définitive, si la DGSN affirme vouloir rassurer et clarifier la situation, la rapidité et la fermeté du communiqué, conjuguées à l’absence d’informations précises et vérifiables, invitent à un regard critique. La société civile, les médias et les familles des victimes attendent désormais des éclaircissements concrets et documentés. Au-delà des communiqués officiels, c’est la vérité sur ce drame qui doit prévaloir afin de rétablir la confiance et garantir que justice soit faite, sans ambiguïté ni dissimulation.

