Mémoires de Jerry Krause : Michael Jordan et Jerry Krause, entre conflits et admiration

Décédé en mars 2017, l’ancien GM de la période dorée des Bulls, Jerry Krause, n’a malheureusement pas pu être interviewé pour The Last Dance. Il n’a pas non plus pu finir la rédaction de ses mémoires. Avec l’accord de la famille, l’insider de NBC Sports Chicago, KC Johnson a en publié quelques passages.

Pour ce deuxième volet, Krause a placé Michael Jordan au bout de sa plume. Si leurs désaccords et leurs titres semblaient être les seules choses partagées par MJ et son GM, leur compétitivité, leur volonté de gagner et leur obstination faisaient de ces deux hommes, des êtres, dans le fond, pas si différents.

“Dès le début, l’idée était de bâtir une équipe qui pourrait être championne, autour de deux arrières, ce qui n’avait jamais été fait auparavant. Le plan de base était de l’entourer de shooteur. Il devait y avoir une paire de bons rebondeurs et un pivot défensif pour lui permettre de faire son jeu. Lorsque nous avons eu les résultats de ses tests en 1985 [Jordan avait un os du pied cassé ndlr], nous avons mis en place une stratégie qui allait nous mettre à dos pour je ne sais combien d’années. Parfois je me demande, depuis qu’il est devenu GM, s’il a vu cette décision de mon côté, et s’il pense que j’ai pris la bonne décision. Je lui ai dit : ‘Michael, je ne peux pas risquer ta carrière pour quelques matchs. Tu as été suivi par les meilleurs docteurs et tous sont tombés d’accord sur le fait que tu ne devrais pas jouer et te reposer. Michael m’a répondu en disant : ‘Je connais mon corps, et je veux jouer dès maintenant.” Jerry Krause

De cette situation est né un imbroglio qui a fait beaucoup parler. Michael Jordan avait dit que son GM lui avait rappelé qu’il était un “employé” de la franchise et que, par conséquent, il devait se plier aux décisions des Bulls. Une version que Jerry Krause conteste dans ses mémoires.

“Maintenant arrive la déclaration controversée. Je me souviens lui avoir dit : ‘Michael, tu es un joueur, pas un docteur. Je dois faire ce qui est juste pour l’équipe, donc je ne te laisserai pas jouer.’ Michael avait dit aux gens qui n’étaient pas à la réunion que je lui avais dit qu’il était un employé de la franchise et qu’il devait donc faire ce que la franchise lui disait de faire. Il disait qu’à partir de ce moment-là, il avait compris qu’il n’y avait pas de loyauté entre les franchises et les joueurs. Ça a changé sa vision du jeu et de moi. Mais pensez-vous vraiment que je suis assez stupide, pour dire à un gamin, devant le propriétaire et avec l’avis des médecins les plus réputés du pays, qu’il est un ’employé’ ? Je ne pense pas.” Jerry Krause

Malgré de nombreux différends hors des parquets, on ressent dans les écrits du GM, une profonde admiration pour sa star et des personnalités finalement pas si éloignées. Krause met notamment en avant son leadership, et sa capacité à rendre tous ses coéquipiers meilleurs.

“Personnellement, malgré nos problèmes en dehors, c’était toujours génial de traiter avec lui lorsqu’il était sur le terrain, où ça comptait vraiment. Il voulait gagner autant que je le voulais, et nous étions tous les deux guidés par cette volonté de gagner, encore et encore. Malgré sa déclaration sur son ‘supporting cast‘ au début de sa carrière, il savait au fond de lui que personne ne pouvait gagner tout seul. L’une des choses qui permettent de mesurer la grandeur d’un athlète, c’est de voir s’il rend ses coéquipiers meilleurs. Michael les a tous rendus meilleurs. Si vous étiez intelligent, que vous appreniez comment jouer avec lui et que vous travailliez dur, c’était une joie de jouer avec lui. Au début, il essayait de tout faire tout seul lors des fins de matchs. Mais lorsqu’il a gagné en confiance au niveau de sa qualité de passe et de la qualité de ses partenaires, il n’hésitait plus à donner la balle. Lorsque les rookies lui montraient qu’ils avaient du cran, il les prenait sous son aile et leur montrait qu’ils avaient leurs places. D’un autre côté, ceux qui échouaient à ce niveau-là étaient sujets à des entraînements très durs et à des joutes verbales qui leur faisaient se demander où ils étaient tombés. Il leur faisait comprendre qu’ils n’avaient pas leurs places ici.” Jerry Krause

Enfin, l’ancien dirigeant a loué le professionnalisme de Michael Jordan, reconnaissant qu’il aurait pu mettre la franchise a mal, notamment lorsqu’il s’est blessé au doigt en coupant un cigare après le dernier titre de 1998.

“À la fin de sa période aux Bulls, il aurait pu ni**** la franchise, mais ne l’a pas fait. L’été qui a suivi le dernier titre, il s’est coupé le doigt de la main avec laquelle il shootait vraiment profondément. On ne savait pas s’il pourrait retrouver assez de mouvement au niveau du doigt pour shooter à nouveau. Il aurait pu nous mettre dans une situation très inconfortable en disant qu’il voulait encore jouer pour signer le plus gros contrat de l’histoire du sport. Ça aurait été facile pour lui de se mettre sur la liste des blessés et de ne pas jouer de la saison. Mais lorsque Michael signe un contrat, il se donne à 100% et ne pense jamais à vous la faire à l’envers.” Jerry Krause

En guise de conclusion sur sa relation avec MJ, Krause écrit :

“Étions-nous bons l’un pour l’autre ? Je pense que c’était une super association. Nous étions tous les deux têtus, des compétiteurs acharnés, fiers de nos capacités et nous voulions nous faire une place dans la hiérarchie de ce sport.” Jerry Krause

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