Dans les prochains jours, la Confédération africaine de football (CAF) devrait annoncer les sanctions disciplinaires liées à la finale de la CAN 2025. Ce match, opposant le Sénégal au Maroc, a été marqué par plusieurs incidents : des décisions arbitrales contestées, le boycott momentané des Lions, l’affaire des serviettes et des heurts entre supporters. Pour Seneweb, Moustapha Kamara, avocat à Marseille et professeur en droit du sport à Paris Business School, se prononce sur ce à quoi le Sénégal peut s’attendre.
À cinq mois de l’entrée en lice des Lions face à la France, le 16 juin, pour la Coupe du monde 2026, les Sénégalais retiennent leur souffle. La finale ayant été entachée de polémiques, la CAF et le président de la FIFA ont annoncé des sanctions à venir pour les joueurs et membres du staff sénégalais qui seront reconnus coupables.

Interrogé par Seneweb, le Pr Moustapha Kamara souligne le caractère inédit de la situation : “Pour l’instant, personne ne peut dire exactement ce que la CAF fera. Chaque cas est particulier et celui du Sénégal est très spécifique. On peut interpréter les textes, mais pour ce cas précis, il ne s’agit que de suppositions.” Selon lui, la CAF prendra en compte les circonstances, le contexte et l’ensemble de l’environnement avant de rendre sa décision.
Le professeur identifie trois formes de sanctions possibles pour le Sénégal :
- Une amende ;
- Une interdiction de stade ou un huis clos, en lien avec les incidents impliquant les supporters ;
- La suspension de certains joueurs et membres du staff technique, comme le sélectionneur Pape Thiaw.
“Dans sa communication, le président de la FIFA a anticipé certaines sanctions, mentionnant non seulement le staff mais aussi quelques joueurs. Il faudra attendre la décision de la CAF, mais c’est un cas très particulier”, précise-t-il.

Un point important est également souligné par l’expert : le Sénégal pourra faire appel, mais seulement si la CAF notifie officiellement sa décision. “Souvent, les sanctions en première instance sont plus sévères qu’en appel. Par exemple, Amara Traoré avait été suspendu 18 mois, réduits à 6 après recours. Le Sénégal pourra contester, mais uniquement après réception de la notification. Sans celle-ci, l’appel n’est pas possible”, explique le Pr Kamara.
Enfin, le spécialiste s’inquiète d’un possible retard dans la notification : “La CAF pourrait sanctionner le vainqueur de la CAN, mais ne pas envoyer la lettre avant la Coupe du monde. Cela obligerait les Lions à disputer le Mondial avec des suspensions éventuelles pour certains joueurs ou membres du staff.” Il conclut toutefois en appelant à la clémence de l’instance africaine, afin de préserver les chances du Sénégal, l’un de ses meilleurs représentants, lors du Mondial en Amérique du Nord.




