La finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 restera marquée par un incident regrettable. Le 18 janvier, au Complexe Moulay Abdellah de Rabat, le match très attendu entre le Maroc et le Sénégal a pris une tournure chaotique lorsque les Lions de la Teranga ont quitté la pelouse pour protester contre un penalty accordé aux Lions de l’Atlas après l’intervention de la VAR.
La situation a plongé la rencontre dans une confusion totale, exacerbée par l’envahissement du terrain par les supporters sénégalais. Après plus de seize minutes d’incertitude et de tensions, le match a pu reprendre, mais non sans quelques rebondissements, notamment avec Brahim Diaz manquant une panenka. Finalement, c’est le Sénégal qui s’est imposé en prolongation.

Le 29 janvier, soit onze jours plus tard, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF) a rendu son verdict. Des amendes lourdes ont été infligées aux deux fédérations, mais la réclamation du Maroc visant à annuler la victoire sénégalaise a été rejetée.
Beaucoup espéraient que la CAF se réfère à l’article 82 de son règlement, qui stipule qu’une équipe quittant le terrain sans l’autorisation de l’arbitre doit être déclarée perdante par forfait. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) avait d’ailleurs mis en avant cet argument dans sa plainte, espérant obtenir la victoire sur tapis vert. Pourtant, la CAF a écarté cette option.
La décision de la CAF repose sur une distinction subtile dans les règlements, bien connue des juristes du football. Les codes disciplinaires de la FIFA et de la CAF différencient clairement le cas d’une équipe qui refuse définitivement de poursuivre la rencontre de celui d’une interruption temporaire suivie d’un retour sur le terrain. Dans le cas présent, les joueurs sénégalais ont repris la partie, et l’arbitre n’a jamais sifflé la fin du match, ni constaté d’abandon officiel.
Le trophée a ainsi été remis au Sénégal, en présence du président de la CAF, Patrice Motsepe, et du président de la FIFA, Gianni Infantino, validant ainsi le résultat final.

Des sanctions financières sévères
Bien que la disqualification n’ait pas été appliquée, les sanctions financières prononcées ont témoigné de la gravité des événements. Le Sénégal a écopé d’une amende totale de 715 000 dollars, dont 300 000 pour le comportement de ses supporters et 300 000 supplémentaires pour l’attitude antisportive de ses joueurs et de son staff technique. Le sélectionneur Pape Bouna Thiaw a été suspendu pour cinq matchs et devra régler une amende de 100 000 dollars. Ismaïla Sarr et Iliman Cheikh Baroy Ndiaye ont, quant à eux, été suspendus pour deux matchs.
De son côté, le Maroc, hôte de la compétition, a reçu une amende de 415 000 dollars, principalement pour le comportement de ses ramasseurs de balles, accusés de perturber le déroulement du match (200 000 dollars) et pour l’intrusion de joueurs et membres du staff dans la zone VAR (100 000 dollars). Achraf Hakimi a été suspendu pour deux matchs, dont un avec sursis, tandis qu’Ismaël Saibari a écopé de trois matchs de suspension, assortis d’une amende de 100 000 dollars.
Ainsi, malgré la tension et les incidents, le Sénégal conserve son titre continental, et la CAF a tranché dans le respect de ses règlements.




