À l’approche de la réunion de la Commission disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF), appelée à statuer sur le recours introduit par le Maroc contre le Sénégal, le journaliste Ayoba Faye a publié une analyse détaillée, largement relayée sur les réseaux sociaux. À travers une chronologie précise des faits, il entend démontrer qu’il ne saurait être question d’un abandon définitif de match imputable à l’équipe sénégalaise.
Selon les éléments avancés, le penalty en faveur du Maroc a été accordé à la 97e minute et 55 secondes, après consultation de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR). Contrairement à certaines versions diffusées, le sélectionneur sénégalais Pape Thiaw n’aurait pas immédiatement demandé à ses joueurs de quitter la pelouse à la suite de cette décision arbitrale.

Toujours d’après cette reconstitution minutieuse, ce n’est qu’à la 100e minute et 38 secondes, soit près de trois minutes plus tard, que Pape Thiaw aurait invité une partie de ses joueurs à regagner les vestiaires. Cette décision serait intervenue dans un climat de forte tension, marqué par des débordements observés dans les tribunes. Les échanges et discussions sur la pelouse n’auraient, en tout état de cause, pas excédé huit minutes.
La chronologie indique également qu’à la 108e minute et 01 seconde, le sélectionneur sénégalais aurait validé le choix de Sadio Mané de retourner sur le terrain. Peu après, à la 109e minute et 38 secondes, Édouard Mendy et plusieurs de ses coéquipiers auraient à leur tour quitté les vestiaires pour reprendre place sur la pelouse.
Un point central de l’argumentation repose sur le fait que l’équipe sénégalaise n’a jamais quitté le terrain de manière simultanée. Des joueurs, à l’image de Sadio Mané, Idrissa Gana Gueye et d’autres cadres, seraient restés sur l’aire de jeu durant toute la séquence. L’interruption effective du match n’aurait ainsi pas dépassé une dizaine de minutes.
Après le penalty manqué par Brahim Díaz, l’arbitre aurait finalement sifflé la fin du temps réglementaire à la 114e minute.

Dans son analyse, Ayoba Faye convoque également la jurisprudence issue de la finale retour de la Ligue des champions africaine 2019 entre l’Espérance de Tunis et le Wydad Casablanca. Lors de cette rencontre, le club marocain avait refusé de reprendre le jeu après un but refusé à la 60e minute, entraînant une interruption de plus d’une heure avant que l’abandon définitif ne soit constaté. La CAF avait alors confirmé la victoire de l’Espérance et infligé une amende de 20 000 dollars au Wydad.
Au regard de ces précédents et des faits rapportés, le journaliste estime que le Sénégal ne peut être tenu responsable d’un abandon définitif de match. Dès lors, toute éventuelle sanction disciplinaire ne pourrait, selon lui, aller au-delà d’une amende, conformément à la jurisprudence existante.
Enfin, la publication soulève la question des démarches que pourrait entreprendre la Fédération sénégalaise de football (FSF) auprès de la CAF, notamment au sujet de faits signalés durant la rencontre, tels que des agressions présumées et des violations du périmètre réglementaire autour du gardien sénégalais Édouard Mendy.




