Le Sénégal a une nouvelle fois gravé son nom en lettres d’or dans l’histoire du football africain en remportant la Coupe d’Afrique des Nations 2025, disputée au Maroc. Quatre ans après le sacre fondateur de Yaoundé, les Lions de la Téranga confirment leur domination continentale et leur statut de référence. Mais au-delà du trophée, la question des primes versées aux joueurs illustre surtout la profonde mutation économique du football africain.
CAN 2021 : un premier sacre, une reconnaissance historique

En 2021, au Cameroun, le Sénégal décrochait la première CAN de son histoire à l’issue d’une finale intense face à l’Égypte. À cette époque, la Confédération africaine de football avait accordé au vainqueur une prime de 5 millions de dollars, un montant alors inédit pour la compétition.
À cette récompense sportive s’était ajoutée une reconnaissance nationale forte. Les autorités sénégalaises avaient annoncé une prime individuelle estimée à 50 millions de francs CFA par joueur, accompagnée de l’attribution de terrains. Un geste symbolique, salué comme l’aboutissement d’un rêve longtemps caressé par tout un peuple.
CAN 2025 : un changement d’échelle économique
L’édition 2025, organisée au Maroc, marque un tournant majeur. D’après un rapport publié par Africa Sports Unified, la prime attribuée au vainqueur atteint désormais 10 millions de dollars, soit le double de celle versée en 2021.
Cette hausse s’inscrit dans une dynamique globale : explosion des droits télévisés, diffusion dans plus de 85 marchés à travers le monde, production intégrale en ultra-haute définition et valorisation accrue de l’image de la compétition. La CAN s’impose désormais comme un événement sportif de dimension mondiale.
Pour les joueurs sénégalais, cette évolution se traduit mécaniquement par une prime collective bien plus élevée. Même en l’absence de communication officielle détaillée, l’écart avec 2021 est évident : les champions de 2025 percevront individuellement des montants nettement supérieurs à ceux de la génération sacrée de Yaoundé.
Une transformation structurelle du football africain

Au-delà des chiffres, cette progression témoigne d’un changement profond. Comme le souligne Africa Sports Unified, la Coupe d’Afrique des Nations n’est plus seulement une compétition continentale : elle est devenue un produit sportif global, capable de générer des revenus comparables aux grandes compétitions internationales.
Pour le Sénégal, double champion d’Afrique en moins d’une décennie, cette évolution confirme son rôle moteur sur le continent. Pour les joueurs, elle symbolise une reconnaissance accrue de leur valeur sportive et commerciale, dans un environnement où la réussite se traduit désormais aussi par une rémunération à la hauteur des performances.

