Un nouvel élément vient encore fragiliser une décision déjà très contestée. Et celui-ci est particulièrement embarrassant, car il émane directement du vice-président du jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF). Pour rappel, cette même commission avait, il y a trois semaines, rendu un verdict retentissant en attribuant la victoire de la CAN 2025 au Maroc sur tapis vert, retirant ainsi le titre au Sénégal pourtant vainqueur sur le terrain à l’issue de la finale.
Aujourd’hui, la crédibilité de cette décision est sérieusement mise à mal par les propos de Faustino Varela Montero. Membre influent de cette instance et présent lors des délibérations, le dirigeant cap-verdien n’a pas hésité à exprimer publiquement son désaccord. Il qualifie la décision d’incohérente et d’aberrante, soulignant qu’il ne peut en aucun cas y souscrire. Une prise de position forte, qui jette une lumière crue sur les tensions internes et les doutes qui entourent cette affaire.

Dans un entretien accordé à L’Observateur, Faustino Varela Montero s’est montré particulièrement critique. Sans détour, il a dénoncé une interprétation des faits qu’il juge erronée. Selon lui, le fait que l’arbitre ait laissé la rencontre se dérouler jusqu’à son terme constitue une preuve essentielle : cela signifie qu’il n’y a pas eu abandon de match. Dès lors, voir une commission disciplinaire conclure à une version différente représente, à ses yeux, une rupture avec les principes fondamentaux du sport.
Il insiste également sur un point crucial : si les résultats d’un match peuvent être modifiés après coup, cela remet en question la notion même de décision finale sur le terrain. Une telle situation, estime-t-il, crée un précédent dangereux pour l’intégrité des compétitions.
Par ailleurs, le vice-président du jury disciplinaire remet en cause l’application de l’article 82 du règlement des compétitions, utilisé pour justifier le sacre du Maroc. Il considère que cet article a été interprété de manière biaisée. En rappelant les règles, il souligne que les rapports des officiels de match font foi jusqu’à preuve du contraire. Et en cas de divergence, c’est bien le rapport de l’arbitre qui doit prévaloir.
Enfin, il évoque également le rôle du Tribunal arbitral du sport (TAS), précisant que celui-ci n’a pas vocation à revenir sur des décisions prises sur le terrain, sauf en cas de preuve d’arbitraire ou de mauvaise foi. Même si une décision peut sembler contestable a posteriori, elle ne doit pas être modifiée sans éléments solides. Une position qui renforce encore un peu plus les interrogations autour de ce dossier explosif.

