Au centre de la controverse, la décision rendue le 17 mars par la CAF de retirer le titre au Sénégal pour l’attribuer au Maroc. L’instance estime que la sortie temporaire des joueurs sénégalais lors de la finale équivaut à un abandon du match. Une interprétation que rejette fermement la Fédération sénégalaise de football, qui dénonce une décision « injuste et illogique » et prépare un recours devant le Tribunal arbitral du sport.
À Dakar, les autorités sportives maintiennent que le Sénégal reste le « champion légitime sur le terrain » et réclament une décision rapide, idéalement avant la Coupe du Monde FIFA 2026, afin d’éviter que le litige ne s’éternise.

De son côté, le Maroc adopte une ligne strictement juridique. Les autorités et la Fédération royale marocaine de football insistent sur le respect des règlements de la CAF et sur leur coopération avec les instances internationales.
En parallèle, une autre affaire vient alourdir le climat : celle des 18 supporters sénégalais jugés à Rabat. Condamnés en première instance à des peines de prison pour des faits liés à des violences lors de la finale, ils ont comparu en appel le 7 avril. Ce volet judiciaire est suivi de près, tant pour ses implications juridiques que pour son impact sur les relations entre les deux pays.
Le Conseil national des droits de l’Homme du Maroc a indiqué avoir supervisé la procédure, assisté aux audiences et rendu visite aux détenus. L’institution affirme qu’aucune plainte pour violation des droits n’a été déposée, tout en rappelant son rôle de garant du respect des principes fondamentaux comme la présomption d’innocence et le droit à la défense.
Face à l’ampleur de la crise, le président de la CAF, Patrice Motsepe, a entrepris une tournée diplomatique entre Dakar et Rabat. Il appelle à des sanctions fermes, tout en plaidant pour une réforme des règlements afin de prévenir de futurs incidents. Il a également rejeté les accusations de corruption évoquées au Sénégal, les jugeant sans fondement, et a mis en garde contre les atteintes à l’image de l’institution.
Désormais, l’affaire dépasse largement le cadre sportif. Entre procédure en appel au Maroc et recours imminent devant le TAS, les prochains jours s’annoncent décisifs. Ce qui n’était qu’une finale controversée est devenu une crise majeure, à la croisée du sport, du droit et de la diplomatie.
Reste à savoir si la CAF parviendra à maîtriser la situation ou si cette CAN 2025 restera dans l’histoire comme l’une des plus disputées… en dehors du terrain.

