Mercredi soir, Habib Beye a officiellement été nommé entraîneur de l’Olympique de Marseille. Une décision forte de la direction marseillaise, qui ne manque pas de faire débat.
Ancien joueur du club, figure appréciée du public, Beye revient cette fois dans un rôle bien différent, avec la pression et les attentes immenses qui accompagnent le banc olympien. Entre pari audacieux et choix du cœur, cette nomination interroge autant qu’elle intrigue.

Il en rêvait, l’Olympique de Marseille l’a fait. Mercredi, Habib Beye est officiellement devenu l’entraîneur de la formation phocéenne. Un rêve qu’il nourrit depuis de longues années, sans jamais le cacher.
En 2021, dans les colonnes de L’Équipe, il confiait déjà : « L’Olympique de Marseille, c’est le club où j’ai passé mes plus belles années, avec Strasbourg en formation. La reconnaissance des supporters, ça marque. Oui, j’ai une sensibilité pour l’OM. Entraîner un jour ma sélection serait aussi une immense fierté… Tu ne dis pas non à l’OM, tu ne dis pas non à la sélection du Sénégal. »
Alors lorsque les dirigeants de l’Orange Vélodrome sont venus le chercher après le départ de Roberto De Zerbi, sa réponse n’a souffert d’aucune hésitation : un grand oui, guidé par le cœur… et par l’ambition.
Un choix commenté et discuté
À peine libéré de ses obligations avec le Stade Rennais FC, Habib Beye a signé mercredi un contrat jusqu’en 2027 avec l’Olympique de Marseille. Un engagement fort, alors qu’il dirigera son premier match dès ce soir face au Stade Brestois 29.
Présenté à la presse jeudi, le technicien de 48 ans s’est dit prêt à relever le défi, conscient des attentes immenses. Pourtant, avant même l’officialisation, les interrogations ont fusé : manque d’expérience, méthodes jugées rigides, personnalité affirmée… Sur RMC Sport, dans Rothen s’enflamme, Jérôme Rothen a vivement critiqué ce choix, évoquant un « copinage » et doutant de sa crédibilité immédiate pour un club de l’envergure marseillaise.
Même tonalité du côté de Johan Micoud, sur L’Équipe du Soir, qui s’est interrogé sur la cohérence de remplacer Roberto De Zerbi par Beye alors que l’objectif du podium restait atteignable. Eric Di Meco, dans Le Moscato Show, a lui soulevé la question de la fraîcheur mentale après une fin tendue à Rennes.
Un défi de taille
Les médias régionaux s’interrogent également. La Provence pointe l’urgence psychologique : un vestiaire marqué par les tensions récentes, des contre-performances et une impression d’autodestruction dans des matches clés. L’enjeu ne sera pas seulement tactique, mais mental.
Maritima rappelle que l’OM, actuellement 4e, vise le podium et une qualification en Ligue des champions de l’UEFA, tout en rêvant d’un sacre en Coupe de France, trophée qui échappe au club depuis 2012. Le média souligne aussi les tensions connues à Rennes avec certains cadres comme Brice Samba, Ludovic Blas ou Seko Fofana.
De son côté, France 3 Provence estime que Beye devra faire mieux que son prédécesseur, qui pointait l’inconstance de joueurs expérimentés tels que Leonardo Balerdi, Geronimo Rulli ou Benjamin Pavard.
Une pression immense… mais des soutiens
Pour autant, certains croient en lui. France Bleu Provence met en avant son leadership, son exigence et sa connaissance du contexte marseillais. Ancien capitaine olympien, passé aussi par le Red Star FC, qu’il a mené de National en Ligue 2, Beye possède une trajectoire ascendante.

Dans After Foot, toujours sur RMC Sport, Kévin Diaz parle même de « la chance de sa vie », estimant qu’il a travaillé pour mériter cette opportunité.
La Provence rappelle enfin que l’histoire du club est faite de paris audacieux réussis : Éric Gerets, Igor Tudor, Élie Baup… Autant de profils qui avaient suscité des doutes avant de convaincre.
Reste désormais le terrain. À Brest, Beye passera son premier test. Un match déjà présenté comme celui de « la crédibilité d’un nouveau cycle ».




