Une semaine après la victoire historique du Sénégal face au Maroc en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, la rencontre continue d’alimenter de vives controverses, bien au-delà du rectangle vert. Si le sacre des Lions de la Teranga ne souffre d’aucune contestation sur le plan sportif, les conséquences disciplinaires des incidents survenus en fin de match restent au centre de toutes les attentions. La Confédération africaine de football (CAF) a d’ailleurs officiellement ouvert une enquête pour faire la lumière sur ces événements.
L’un des points les plus scrutés concerne la décision du sélectionneur national, Pape Thiaw, qui avait demandé à ses joueurs de quitter momentanément la pelouse pour protester contre des décisions arbitrales jugées contestables. Ce choix, hautement symbolique, pourrait exposer l’encadrement technique, voire la sélection sénégalaise dans son ensemble, à d’éventuelles sanctions disciplinaires, dont la nature et l’ampleur demeurent encore inconnues.

La nécessité d’une approche mesurée
Dans ce climat tendu, plusieurs spécialistes du droit du sport appellent la Fédération sénégalaise de football (FSF) à faire preuve de retenue. Selon eux, l’erreur majeure à éviter serait de s’engager trop tôt dans une bataille médiatique. Une communication excessive ou prématurée sur les arguments juridiques de défense pourrait en effet s’avérer contre-productive avant toute convocation officielle devant les instances disciplinaires de la CAF.
Le raisonnement est simple : aucune sanction définitive ne peut être prononcée sans que la partie concernée ait été entendue. Dévoiler trop tôt sa ligne de défense reviendrait ainsi à livrer à l’instance disciplinaire une lecture anticipée de la stratégie sénégalaise, au risque d’en affaiblir l’efficacité. D’où l’importance, selon ces observateurs, d’une gestion méthodique du dossier, fondée sur le calme et la rigueur juridique.
Un titre solidement acquis

Sur le fond, les experts se montrent toutefois largement rassurants quant au sort du trophée continental. Le déroulement même de la rencontre plaide en faveur de l’intangibilité du résultat final. Le match a certes été brièvement interrompu à la suite du retrait temporaire de joueurs, mais il a repris sur décision de l’arbitre central, seul habilité à juger de la continuité du jeu conformément aux lois de l’IFAB.
Le penalty accordé avant l’interruption a été exécuté et manqué, le jeu a ensuite repris normalement, avant qu’un but valable ne soit inscrit par le Sénégal, scellant définitivement l’issue de la finale. À aucun moment, les officiels n’ont remis en cause la validité de ces actions.
Dans ces conditions, toute tentative d’annulation du résultat relèverait davantage d’une interprétation juridique spéculative que d’une application stricte des règlements. Si des sanctions individuelles ou institutionnelles demeurent théoriquement possibles — visant le sélectionneur, certains joueurs ou la FSF — elles ne sauraient, selon cette lecture, conduire à un retrait du titre. La CAN 2025 reste sénégalaise, aucun dispositif juridique ne pouvant effacer un sacre acquis et validé sur le terrain.

