Finale de la CAN 2025 : analyse juridique et perspectives pour le Sénégal
Face aux polémiques suscitées après la finale et aux déclarations du président de la FIFA évoquant des comportements « inacceptables », Me Moustapha Kamara, avocat au barreau de Marseille et spécialiste du droit du sport, éclaire la situation à la lumière des règlements de la CAF. Selon lui, rien ne permet aujourd’hui de remettre en cause la victoire du Sénégal, même si des sanctions disciplinaires restent juridiquement possibles.

« Je tiens à féliciter l’ensemble de la presse sportive sénégalaise, l’État du Sénégal, le ministère, la fédération, le staff technique, le sélectionneur et les joueurs, pour ce deuxième sacre, acquis avec beaucoup de mérite. Ce succès honore notre pays », souligne l’avocat.
Concernant les incidents survenus pendant et après le match, Me Kamara précise que le règlement de la CAF prévoit que si des joueurs quittent le terrain sans l’autorisation de l’arbitre, des sanctions peuvent être appliquées, allant jusqu’au forfait. Les articles 64, 82 et 148 de la CAF détaillent les mesures possibles, incluant amendes, suspensions, interdictions de match ou d’accès aux stades.
Cependant, pour que ces sanctions soient mises en œuvre, il aurait fallu que l’arbitre constate directement les infractions. Or, ce n’est pas le cas ici, et les dirigeants marocains n’ont pas non plus signalé de fautes. Ainsi, même si des sanctions disciplinaires peuvent être envisagées, le résultat de la finale — victoire 1-0 du Sénégal — est acquis et ne peut être annulé. Le trophée et la deuxième étoile restent donc bien au Sénégal.
Perspectives de défense pour le Sénégal
Une fois les décisions disciplinaires officielles notifiées, la Fédération sénégalaise et les personnes éventuellement sanctionnées pourront présenter leurs arguments et mettre en place une stratégie de défense. Ils auront la possibilité de saisir la commission d’appel de la CAF, voire le Tribunal arbitral du sport (TAS), en s’appuyant sur les motifs avancés par la commission de discipline.
Précédents et contexte

Des précédents existent concernant des incidents similaires lors de finales. Le cas du sélectionneur sénégalais est notable : il n’a aucun antécédent disciplinaire. Les instances tiendront également compte de la forte tension émotionnelle de cette finale et des injustices dénoncées par le secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football dans les jours précédant le match. L’ensemble de ces éléments pourrait influencer favorablement l’évaluation des comportements et la décision finale des instances disciplinaires.
En résumé, la victoire du Sénégal est juridiquement incontestable, mais des sanctions individuelles restent possibles. La Fédération et les joueurs disposent d’arguments solides pour se défendre si nécessaire.

