La compétition pour l’organisation de la finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2030 dépasse désormais le strict cadre institutionnel pour s’inscrire dans un débat public plus large, impliquant médias, opinions et considérations stratégiques. Le quotidien madrilène AS a ainsi publié, lundi, une analyse comparative opposant l’Espagne et le Maroc, deux pays appelés à co-organiser le tournoi aux côtés du Portugal.
Dans son argumentaire, le média met en avant la solidité organisationnelle de l’Espagne, en s’appuyant sur plusieurs exemples récents. Il cite notamment la finale de la Copa del Rey disputée à Séville entre l’Atlético de Madrid et la Real Sociedad. Cette rencontre, organisée devant plus de 70 000 spectateurs, est présentée comme un modèle de gestion sécuritaire et logistique, sans incident majeur relevé.

Le journal souligne également la capacité de l’Espagne à accueillir des événements internationaux d’envergure, en rappelant la tenue à Madrid de la finale de la Copa Libertadores 2018. Initialement prévue en Argentine, cette affiche avait été délocalisée au Stade Santiago Bernabéu, illustrant, selon AS, la fiabilité du pays dans des contextes exceptionnels.
En parallèle, le quotidien évoque certaines difficultés observées au Maroc. Il mentionne en particulier la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée à Rabat, qui aurait été marquée par des tensions et des contestations ayant conduit à une procédure devant le Tribunal arbitral du sport. Ces éléments sont avancés pour relativiser la capacité organisationnelle marocaine dans un contexte de forte exposition internationale.
Toutefois, l’analyse d’AS n’est pas exempte de critiques implicites. Certains aspects internes à l’Espagne ne sont pas pleinement intégrés dans la comparaison. Le retrait de villes candidates comme Málaga et La Corogne du dispositif d’accueil du Mondial est notamment mentionné, traduisant des ajustements encore en cours dans la planification.

Par ailleurs, des incidents survenus au RCDE Stadium, liés à des chants à caractère islamophobe, ont suscité une réaction officielle de Rafael Louzán, président de la fédération espagnole. Ces éléments rappellent que les enjeux organisationnels ne se limitent pas aux infrastructures, mais incluent également des dimensions sociales et sécuritaires.
Dans ce contexte, la désignation du stade qui accueillera la finale demeure un enjeu stratégique majeur. Plusieurs villes se positionnent, notamment Madrid et Casablanca, où un projet de grande enceinte est en cours de développement. La compétition entre les pays hôtes se poursuit ainsi en parallèle des préparatifs, révélant des rivalités qui dépassent le terrain sportif pour toucher à l’image et à l’influence internationale.

