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Affaire Sénégal – CAF : 4 arguments qui remettent en cause le forfait des Lions

Momar Touré3 min de lecture
Affaire Sénégal – CAF : 4 arguments qui remettent en cause le forfait des Lions

Pour la première fois dans l’histoire de la Confédération africaine de football (CAF), une décision officielle est vivement contestée de l’intérieur même de l’instance. D’après L’Observateur, le Cap-verdien Faustino Varela Monteiro, vice-président du jury d’appel, exprime une opinion dissidente concernant la décision d’attribuer la finale de la CAN 2025 au Maroc sur tapis vert (3-0), au détriment du Sénégal.

Dans les arguments qu’il développe, et rapportés par le quotidien du Groupe futurs médias, Monteiro critique d’abord une interprétation qu’il juge excessivement « formaliste » des textes réglementaires. Selon lui, la commission d’appel s’est appuyée de manière trop mécanique sur l’article 82 du règlement, sans tenir compte du contexte réel des faits. Il estime que le droit ne doit pas être appliqué de façon rigide et isolée, mais à travers une lecture qui prend en considération la situation concrète. À ses yeux, qualifier l’incident d’abandon alors que la rencontre a repris et s’est achevée normalement constitue une erreur juridique manifeste. Il considère également que cet article, qui traite des cas de retrait ou de forfait, ne correspond pas à la nature exacte de la situation observée lors du match.

Monteiro insiste ensuite sur le rôle central de l’arbitre, qu’il qualifie de véritable « Maître du Jeu ». Conformément à la Loi 5 de la FIFA, l’arbitre dispose de l’autorité exclusive pour juger ce qui se déroule sur le terrain. Dans cette affaire, l’officiel n’a jamais conclu à un abandon de la part de l’équipe sénégalaise, mais plutôt à une interruption temporaire de la rencontre. Le fait que le match ait repris à sa demande et se soit déroulé jusqu’à la fin du temps réglementaire, puis des prolongations, empêche selon lui toute requalification ultérieure en abandon par une instance disciplinaire.

Le vice-président souligne également qu’il n’y a pas eu de retrait effectif et définitif de l’équipe. Même si une consigne avait été donnée pour quitter le terrain, un joueur sénégalais serait resté sur la pelouse et aurait encouragé ses coéquipiers à revenir, ce qui démontre que le lien avec la rencontre n’a jamais été totalement rompu.

Enfin, Monteiro met en garde contre les conséquences d’une telle décision sur l’avenir du football. En s’appuyant sur la jurisprudence du Tribunal arbitral du sport (TAS), il rappelle que les décisions arbitrales doivent rester souveraines. Permettre à une commission de modifier le résultat d’un match terminé sur le terrain pourrait fragiliser l’intégrité des compétitions et instaurer une forme d’instabilité juridique. Selon lui, seule la décision de la Commission disciplinaire, qui respectait le résultat acquis sur le terrain, aurait dû être retenue comme juridiquement valable.