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Coupe du monde : quand Yaya Touré tranche en faveur du Sénégal

Momar Touré4 min de lecture
Coupe du monde : quand Yaya Touré tranche en faveur du Sénégal

Le 1er avril dernier, Yaya Touré a été nommé ambassadeur de la Coupe du monde 2022 au Qatar (21 novembre – 18 décembre). L’ancien international ivoirien met en avant les aspects positifs de cette édition atypique et voit notamment le Sénégal de Sadio Mané capable de se distinguer. Entretien.

Yaya Touré : Les deux ! On peut s’attendre à un grand Mondial plein de surprises.

Le fait que la compétition se déroule en novembre-décembre constitue une première, alors qu’elle a toujours eu lieu en juin-juillet. Cela permettra aux joueurs d’être en meilleure condition physique, ce qui est très important. De plus, c’est aussi la première Coupe du monde organisée dans un pays musulman, ce qui est historique. Le Qatar, bien que petit, accueillera de nombreuses nations, ce qui est impressionnant.

Lors de ma visite au Qatar, j’ai constaté que les déplacements seront très courts, contrairement aux éditions précédentes au Brésil, en Afrique du Sud ou en Russie, où les équipes devaient parfois voyager plusieurs heures. Cela peut être éprouvant physiquement, surtout en fin de saison.

La meilleure équipe remportera le tournoi, celle qui saura dominer ses adversaires. Les stades seront climatisés avec une température d’environ 24°C. Les joueurs arriveront en bonne condition, après une courte période de championnat, ce qui les rendra physiquement et mentalement prêts.

Quelles sont les équipes favorites ?

On pense naturellement au Brésil, à l’Argentine, à la France ou encore à l’Angleterre, qui sort d’un bon Euro malgré une finale perdue. Ces équipes devraient aller loin. L’Allemagne reste une valeur sûre en Coupe du monde, tout comme l’Espagne. La Belgique est également à surveiller, même si son niveau reste à confirmer malgré son classement mondial élevé.

Il y aura des équipes très offensives et d’autres outsiders capables de créer la surprise. Comme toujours, une ou deux équipes inattendues peuvent bouleverser la compétition. Ce Mondial sera spécial, et j’ai confiance dans l’organisation du Qatar, notamment en termes d’infrastructures, de sécurité et d’accueil.

Le Qatar peut-il surprendre ?

Je connais peu cette équipe au niveau mondial, mais je l’ai vue lors de la Coupe arabe 2021 où elle a terminé troisième. C’est une équipe dynamique et intense. En tant que pays hôte, le Qatar sera très attendu et porté par un fort soutien populaire, ce qui peut jouer un rôle important.

Et les équipes africaines ?

Le Sénégal est selon moi la meilleure équipe africaine actuelle. Champion d’Afrique, il a une vraie carte à jouer, mais devra se méfier de l’Équateur et du Qatar. Les Pays-Bas restent favoris du groupe.

La Tunisie aura fort à faire face à la France et au Danemark. Le Cameroun, dans un groupe relevé avec le Brésil, la Suisse et la Serbie, sera en difficulté. Le Ghana peut espérer exister dans un groupe compliqué avec le Portugal et l’Uruguay. Le Maroc, en revanche, a une opportunité intéressante malgré la présence de la Belgique et de la Croatie.

Je souhaite voir plusieurs équipes africaines franchir les phases de groupe, mais ce sera très difficile.

Sadio Mané peut-il briller ?

Oui, c’est une forte possibilité. Il arrive dans un grand club et sera très attendu. Le Sénégal possède un effectif solide avec des joueurs évoluant dans de grands clubs européens comme Koulibaly, Gana Gueye ou Édouard Mendy. Cela rappelle la génération dorée de la Côte d’Ivoire.

Mané est un joueur exceptionnel, régulier et très peu blessé. C’est aussi une personne que je respecte beaucoup. Je lui souhaite une grande compétition et même le Ballon d’Or. Il en a le potentiel.

Un Mondial en pleine saison : différence importante ?

Oui, clairement. Les joueurs seront dans une meilleure dynamique physique qu’en fin de saison, mais cela dépendra aussi de la gestion des clubs et des sélections. Jouer en novembre signifie arriver avec du rythme, mais aussi une fatigue accumulée différente.

Coupe du monde à 32 ou 48 équipes ?

Le format à 32 équipes était équilibré. Passer à 48 rendra la compétition plus longue et plus exigeante physiquement. Cela pourrait nuire à l’intensité générale.

Une carrière d’entraîneur au Qatar ?

Pour le moment, je travaille avec l’académie de Tottenham, où j’apprends beaucoup aux côtés de coaches expérimentés. Je veux progresser étape par étape avant de me lancer dans le football professionnel senior.

Le métier d’entraîneur est très différent de celui de joueur. J’ai déjà travaillé comme adjoint en Russie et en Ukraine, ce qui m’a beaucoup appris. Peut-être qu’un jour une opportunité se présentera, pourquoi pas au Qatar, mais pour l’instant je prends mon temps.