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Aliou Cissé : « Avec 21 matches, il est difficile de jouer comme le Barça »

Le Sénégal a obtenu son billet pour la phase de la Coupe du Monde 2018 ce vendredi après un important succès 2-0 contre l’Afrique du Sud. Lors du retour des Lions de la Teranga au bercail, le sélectionneur Aliou Cissé a accordé une interview aux journalistes Sénégalais dans le vol.

Critique sur le fond de jeu :

Avec la qualité individuelle des joueurs que nous avons, nous devons être capable en un moment donné de mettre ces qualités individuelles un peu plus au service du collectif.
C’est vrai que par moment on manque de maitrise collectif et là-dessus on devrait progresser. On devrait aussi gagner en maturité et en intelligence dans le jeu mais la difficulté en équipe nationale c’est de mettre en place un collectif huilé.
Je ne suis pas en train de me dédouaner, mais depuis que je suis là (en 2015 ndlr), je n’ai pas fait 40 matches ni 45 matches. Je n’ai effectué que 21 matches et cela n’est même pas la moitié du championnat de France ou du championnat d’Angleterre. Donc avec 21 matches, il est difficile de jouer comme le Barça. Il faut nous laisser le temps de continuer à travailler. Nous sommes conscients du travail qu’on doit faire, nous sommes conscients de la marge de progression que nous avons. En tout cas nous tenons le bon bout il faut continuer comme ça.

Critique sur le choix des joueurs :

Les critiques comme je l’ai dit fait partie de ce métier-là. Avec beaucoup d’humilité je crois que je connais le travail. Ce groupe là qu’on dit aujourd’hui faire partie des meilleurs du continent a été constitué par mon staff. J’en profite pour féliciter mon staff technique, le staff médical, les intendants parce qu’ils font partie aussi de cette performance.
On a eu une vision de constituer un groupe fort avec des joueurs. On a eu le courage d’apporter des ruptures, se passer d’autres joueurs qui n’entraient pas dans notre philosophie. On a eu notre méthode, notre état d’esprit. L’état d’esprit qu’on voulait que les joueurs aient dans cette équipe nationale.
Maintenant beaucoup de gens parlent mais ne savent pas ce qui se passe à l’intérieur de ce groupe-là. Avant de parler du futur et du présent, il faut d’abord savoir ce qui s’est passé. Quand j’ai pris l’équipe en 2015 beaucoup de chose se sont passé, on a fait du chemin.
Avec mon staff, nous travaillons durement pour améliorer la condition de l’équipe, pour améliorer l’équipe sur le plan technico-tactique. Parfois ça prend du temps. L’équipe nationale du Sénégal, meme avec une équipe nationale tout court, c’est difficile de mettre en place un fond de jeu.
C’est des garçons qu’on a souvent tous les quatre voire cinq mois. Ce n’est pas évident de trouver les automatismes. Je ne me dédouane pas mais l’importance est que je suis conscient qu’il y a encore du travail. Nous allons continuer à conserver les acquis de cette équipe et puis essayer de chercher les joueurs qui sont capable de nous renforcer.

Renforcement du groupe :

Pas encore, c’est juste des projections. Mais ce que je peux vous dire est sur le plan de la qualité et de la quantité il y a de très bons joueurs. Si nous devons progresser, cette évolution peut se faire en interne déjà, après on verra pour la suite. Si on a la possibilité de nous renforcer sur quelque domaine on ne se gênera pas à le faire.

La force de l’équipe dans ces éliminatoires ? 

La solidarité, l’ambition de vouloir participer coute que coute à une deuxième coupe du monde. Pour ces garçons-là pour cette génération-là, c’était un tournant de leur carrière internationale, c’était le moment où jamais, c’était une grosse motivation pour eux. Ils savaient qu’il y avait une possibilité pour y aller et c’est vrai que quand on est sorti de notre match contre le Burkina Faso beaucoup de gens ont douté de notre force de caractère de notre qualité de cette possibilité de pouvoir se qualifier. Aujourd’hui les garçons l’ont fait et je les félicite.

Aliou Cisé dans l’histoire ?

Je ne sais pas si je suis entré dans l’histoire du football sénégalais, mais je peux dire que je suis un garçon chanceux, un garçon béni. C’est vrai que participer une première fois à une coupe du monde en tant que capitaine c’était quelque chose de très grand ; aujourd’hui qualifier l’équipe en tant que sélectionneur aussi c’est une grande fierté, donc je tiens vraiment à féliciter les joueurs, sans eux rien n’aurait pas pu etre possible. Ils ont bataillé difficilement ils ont su etre prêt sur  tous les domaines pour pouvoir apporter cette qualification au Sénégal. Mais féliciter aussi le peuple sénégalais qui a toujours été derrière nous dans les moments les plus difficiles.
Quand tout semblait perdu le peuple était derrière nous. Je leur dédie cette victoire. Nous  leur donnons rendez-vous le 14 novembre prochain pour que le match soit vraiment une fête entre le peuple et l’équipe nationale du Sénégal.

Un remake France – Sénégal ?

(Rires) France-Sénégal pourquoi pas si le scénario se passe comme en 2002. Là actuellement ce qui est important est que les garçons savourent cette qualification. Nous notre génération à savoir Lamine Diatta Tony Sylva et d’autres ont écrit leur histoire, maintenant c’est à eux d’écrire leur histoire. C’est à eux de montrer au monde entier que le Sénégal à sa place à la coupe du monde. Je pense que tout le continent attend que le Sénégal y soit, vraiment je les félicite.

 

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