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Aristide Bancé: « Je recherche une prostituée »

Aristide Bancé est l’un des leaders de la sélection nationale du Burkina Faso. Depuis de nombreuses années, il est celui qui guide le front de l’attaque des étalons. Joueur très athlétique (1m93) Bancé est un attaquant généreux et combatif, il utilise sa puissance pour combler certaines lacunes techniques. Sa personnalité, son style de jeu, son enthousiasme, font de lui l’un des joueurs les plus populaires de la sélection des étalons. Bancé, c’est aussi un globe-trotter, au cours de sa carrière, il a connu pas moins de 13 championnats.

C’est en Côte d’Ivoire où il est né, que l’impressionnant Bancé a débuté sa carrière de footballeur avec le Stade d’Abidjan au début des années 2000. Cependant, avec l’éclatement de la guerre civile en Côte d’Ivoire, le championnat est perturbé et les matchs seront annulés pendant un long moment. Pour poursuivre son rêve de devenir footballeur, Aristide Bancé se rendra au Burkina Faso avec l’intime conviction de se faire un trou dans le championnat burkinabè. Au Burkina, Bancé va évoluer avec l’équipe de D1 du Santos Fc, club de la capitale burkinabè Ouagadougou. Le championnat burkinabé n’est pas très bien structuré et les clubs vivent dans une certaine précarité, il arrive parfois que les joueurs ne soient pas payés pendant de longs mois. Financièrement, Aristide Bancé va passer par des moments difficiles, il peinera à joindre les deux bouts. Il lui arrivera d’effectuer des entraînements le ventre vide.

Déboussolé, l’international burkinabè va traîner sa bosse dans les rues de la capitale Burkinabé chantant du zouglou pour se réconforter. C’est là qu’il va faire la rencontre d’une fille de joie. Cette dernière, enthousiasmée par le timbre vocal de Bancé va se lier d’amitié avec lui. Pour soutenir le footballeur, la fille de joie lui remettra quelques petites somme d’argent qui va grandement aider Bancé dans son quotidien. Devenu un joueur reconnu avec tous les avantages qui vont avec, l’ancien joueur de Fortuna Dusseldorf a remué ciel et terre pour retrouver celle qui l’avait tendue la main. Ses recherches pour l’a retrouvée furent vaines. Vu l’impact des réseaux sociaux, il a décidé de publier un message sur Facebook dans l’espoir de retrouver sa bienfaitrice. Voilà ce que disait le message de Bancé:

« JE RECHERCHE UNE PROSTITUÉE ». Je me suis rendu au Burkina Faso en 2002, avec 20000 frs que m’a remis ma mère, une fortune à l’époque, pour me défendre avec pendant mon installation dans une famille qui m’avait accueilli dans sa grande cour située au quartier Zangouétin (Ouagadougou). Croyant que tous les gens de la cour avait un esprit de solidarité, je dépensai mon argent avec mon entourage immédiat, leur achetant à manger au même titre que moi. Mais dès que je n’avais plus rien, ils disparurent tous, me laissant dans la faim et dans la galère. Certains, me faisant croire qu’ils allaient en ballade, allaient en réalité se cacher pour manger.

Rassasiés, ils revenaient me trouver dans la cour en feignant d’avoir faim comme moi. Pourtant, ils étaient bourrés d’argent. Au Burkina, tu peux être ami à quelqu’un et avoir faim pendant qu’il est assis sur 100.000 frs en te faisant croire qu’il n’a même pas 5 frs sur lui. Si tu as 500 frs sur toi, il serait capable même de les diviser avec toi alors qu’il a cent fois plus dans la poche. C’était ma première fois de découvrir autant d’égoïsme et de mesquinerie puisqu’à Williamsville (un quartier d’Abidjan au Sénégal) les amitiés étaient carrément différentes. »

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L’attaquant burkinabè racontera par la suite sa rencontre avec un bon samaritain totalement inattendu:  » Traînant la bosse de ma galère sur l’avenue Kwamé N’krumah (Ouagadougou) en fredonnant des chansons zouglous, j’y fis la connaissance d’une prostituée. D’origine Sénégalaise, elle aimait m’écouter chanter. Cette fille-là me remettait régulièrement des sommes d’argent : 1000 frs et quelques fois 500 frs. Nous bavardions en toute amitié. Puis quand les grosses voitures se pointaient, elle partait avec elles, ses clients étant venus la chercher. Je m’en retournais, enthousiaste, puisque les petits billets de banque qu’elle me laissait étaient une fortune qui me donnait droit à un bon « bengua (plat national à base de haricots) » libérateur. Voyez-vous ? Je n’avais pas besoin de grand chose. Juste de ces petits soutiens, de ces petits gestes aimables.

Mais là où des proches m’ont rejeté, une prostituée m’a aidé, m’a secouru. On peut porter une belle veste, une longue aube blanche, être le plus joliment et décemment vêtu, mais tant qu’on est méchant et mauvais, jamais on ne sera mieux qu’une prostituée dénudée dont le cœur est rempli d’amour, de compassion et de bonté. Depuis que je suis devenu international, revenu à Kwamé Nkrumah, j’ai cherché cette prostituée, en vain. Pas l’ombre d’elle jusqu’à présent. La douleur de l’avoir perdue de vue est si insupportable ! Si jamais tu lis ce message, tu te reconnaitras. Où que tu sois, n’hésite pas à rentrer en contact avec moi. Sache que c’est à moi, Aristide Bancé, que hier, tu donnais les 500 ou 1000 frs pour me sauver de la faim. Aujourd’hui, c’est à mon tour de te tendre la main. » Aristide Bancé… Merci de partager.

Le message de Bancé est devenue très rapidement viral et il a été partagé des milliers de fois. L’abnégation du Burkinabé a finalement payé puisqu’il retrouvera la fille de joie, qui est aujourd’hui mariée et maman. Ils sont entré en contact et ils ont pu discuter. L’international burkinabè a révélé une partie de leur conversation à nouveau sur Facebook  » En te voyant jouer à la télévision, m’a-t-elle dit, j’ai toujours su que c’était de toi qu’il s’agissait, mon ami fauché de 2003. Comment ne pas te reconnaître d’autant plus que tu as gardé la même coiffure ? Seulement, je n’ai pas voulu t’approcher pour ne pas être prise pour une opportuniste car quand on approche une star tout le monde y va de son interprétation. En plus je ne savais même pas si tu m’aurais reconnue encore moins si tu te souvenais de notre histoire. Et voilà ton message qui m’envoie ce baume au cœur. »

Aristide Bancé fut très heureux d’avoir pu retrouver la trace de son bon samaritain, il s’est dit désolé du titre qu’il a utilisé dans son message pour essayer de l’a retrouvé.

 » En intitulant mon texte « Je recherche une prostituée », c’était à dessin, car c’était le seul titre capable de maintenir en un flash l’attention de la concernée. En parcourant Facebook, un tout autre titre aurait pu lui faire zapper ce texte. Succédant à sa sœur, ma bienfaitrice est rentrée en contact avec moi à la suite de cette publication. Et soyez en rassuré, c’est bel et bien elle ! Elle est mariée à présent… Mais il ne faut pas que j’en dise plus. C’est l’occasion de dire merci à tous ceux qui ont relayé l’information, contribuant à l’élargissement de sa portée et à l’efficacité du résultat. »

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