À quelques jours de son entrée en lice à la Coupe du monde 2026 face à la France, le Sénégal replonge dans l’un des plus grands souvenirs de son histoire. Un souvenir intimement lié à Papa Bouba Diop, héros éternel des Lions de la Téranga.
Mardi, le Sénégal défiera la France dans le groupe I au MetLife Stadium de New York pour lancer sa campagne mondiale. Une affiche qui réveille forcément les mémoires, puisque les Lions n’ont affronté les Bleus qu’une seule fois en Coupe du monde.

C’était le 31 mai 2002 à Séoul, en Corée du Sud. Pour leur toute première participation à un Mondial, les Sénégalais avaient créé l’exploit en faisant tomber les champions du monde en titre français (1-0). L’unique but de la rencontre avait été inscrit par Papa Bouba Diop, dont la célébration devenue mythique reste gravée dans l’histoire du football africain.
Vingt-quatre ans plus tard, alors que le Sénégal s’apprête à retrouver la France sur la scène mondiale, le souvenir du géant disparu en 2020 est plus vivant que jamais. Son nom continue d’incarner l’un des plus grands exploits du football sénégalais et une source d’inspiration pour la génération actuelle des Lions.
Le héros de ce Sénégal–France refait forcément surface dans les mémoires.
Papa Bouba Diop, disparu le 29 novembre 2020 à l’âge de 42 ans des suites de la maladie de Charcot, reste à jamais associé à l’un des plus grands exploits de l’histoire des Lions de la Téranga. Milieu de terrain puissant et décisif, il avait marqué de son empreinte cette victoire historique face aux champions du monde 1998 (0-1).
Aligné pour la première fois en Coupe du monde avec le Sénégal, il s’était illustré à la 30e minute en reprenant à bout portant un ballon mal négocié dans la surface par Fabien Barthez et Emmanuel Petit, sur une action initiée par El-Hadji Diouf. Un but symbolique, qui avait fait basculer le match et lancé de la plus belle des manières l’aventure sénégalaise en 2002.
Dans un entretien accordé au Parisien, Marie-Aude Diop, veuve de Papa Bouba Diop, est revenue sur le tiraillement émotionnel vécu par l’ancien milieu de terrain lors de son but historique face à la France.
« Il était à la fois triste et heureux de l’avoir marqué. Heureux pour le Sénégal, mais la France était aussi devenue un pays de cœur pour lui », confie-t-elle.
« J’ai vécu mon rêve, je peux partir »
Né à Rufisque et inhumé dans sa ville natale, Papa Bouba Diop a également laissé une empreinte forte en France, notamment à Lens, où il a évolué sous les couleurs du club artésien et où sont nés ses enfants Aaron et Ava. Apprécié pour sa grande simplicité, l’ancien président du club, Gervais Martel, le décrivait comme « un homme d’une gentillesse incroyable ».
Malgré la maladie, le colosse d’1,94 m a traversé ses dernières années avec dignité, sans jamais vouloir inquiéter ses proches. Selon sa veuve, il gardait une forme de sérénité face à l’inéluctable.
« Son rêve était de vivre du football, et il a eu cette chance. Quand la maladie a progressé, il m’a simplement dit : “J’ai vécu mon rêve, je peux partir.” »
Avec ses héritiers, à l’image de Sadio Mané et de toute la génération actuelle des Lions, le Sénégal espère bien récidiver face aux Bleus, avec l’ambition de faire revivre un nouvel exploit en hommage à son illustre aîné.




