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Luka Modric, le génie croate qui risque de finir en prison après la finale contre la France, , il a épousé son…

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Coupe du monde 2018 : Luka Modric, le génie croate qui risque de finir en prison après la finale contre la France

Au fil des années, le Croate Luka Modric est devenu un patron au sein de sa sélection nationale, comme dans son club du Real Madrid. Le tout en restant toujours aussi discret. Si bien que de nombreux aspects de sa vie sont encore méconnus.
IL A CONNU LA GUERRE
Luka Modric a seulement 6 ans lorsqu’il doit fuir avec sa famille le village de Modrici, détruit lors des combats de la guerre d’indépendance de Croatie (1991-1995). Réfugié dans la ville de Zadar, il apprend à vivre sous le fracas des bombes. «C’est arrivé des millions de fois que les bombes se mettent à tomber alors que nous allions à l’entraînement, nous forçant à courir vers les abris», se souvient Marijan Buljat, un camarade de Luka Modric, également formé au NK Zadar.

IL A FAIT SES DÉBUTS PROFESSIONNELS EN SERBIE
Passé du NK Zadar au Dinamo Zagreb, le grand club de la capitale, Modric est prêté en 2003 au Zrinjski Mostar, en première division du championnat de Bosnie-Herzégovine, où il fait ses débuts en pro. Malgré son physique fluet, il s’impose et est désigné, à 18 ans seulement, meilleur joueur du championnat. «Qui peut jouer dans la ligue Bosniaque, peut jouer n’importe où», dira-t-il après cette expérience.

IL A ÉTÉ DÉSIGNÉ PIRE RECRUE DE L’ANNÉE APRÈS SON ARRIVÉE AU REAL
Fin 2012, le journal madrilène Marca a demandé à ses lecteurs de voter pour les pire recrues de l’année. Luka Modric, arrivé au Real en provenance de Tottenham pour 30 millions d’euros a été désigné, devant Alex Song, recruté à Arsenal par le FC Barcelone. Mais si le milieu de terrain croate à eu du mal à trouver sa place au sein de l’équipe espagnole, il en est progressivement devenu une pièce maîtresse. Au point d’obtenir quatre Ligue des Champions en cinq saisons.

IL RISQUE LA PRISON
La popularité de Modric a pris un grand coup quand il s’est retrouvé dans le viseur de la justice. Le joueur a en effet été mis en examen pour faux témoignage dans une affaire de malversations financières et de corruption concernant Zdravko Mamic, ancien patron du Dinamo Zagreb. Pour cela, le footballeur encourt une peine de cinq ans de prison.

IL A ÉPOUSÉ… SON AGENT
Depuis 2010, Luka Modric est marié à Vanja Bosnic. La jeune femme de 35 ans, qu’il a rencontré en 2007, n’est autre que son agent. C’est elle qui s’est occupée de ses transferts en 2008, de Zagreb à Tottenham, et en 2012, de Tottenham vers Madrid. Ensemble, ils ont eu trois enfants : Ivano, né le 6 juin 2010, Ema, le 25 avril 2013, et enfin Sofia, le 2 octobre 2017.

Le capitaine croate joue bien plus qu’une finale, dimanche soir. Une victoire et sa côte d’amour pourrait (un peu) remonter dans le cœur de certains supporters qui ne digèrent pas son implication dans une enquête pour corruption.

Au bout du fil, Miroslav Blazevic ne fait pas son âge. En tout cas, quand il s’agit de parler de football, et notamment de football croate. L’ancien entraîneur de 83 ans retrouve d’un coup tous ses mots de français, souvenirs de ses passages sur les bancs du FC Nantes et de plusieurs équipes suisses. La Croatie de 2018 ? « Forte », « technique », « bien en place. » Si elle peut battre la France, dimanche 15 juillet, en finale ? « Oui ! Même si… Même si les Bleus sont favoris », concède celui qui était à la tête de la sélection vatreni, stoppée par les Bleus en demi-finale de la Coupe du monde 1998.

Le technicien croate ne manque pas non plus de vocabulaire pour évoquer Luka Modric, ce « magicien », « excellent joueur », « l’un des meilleurs du monde actuellement ». Son accent croate redevient en revanche plus prononcé quand les questions finissent par tourner autour de la face plus sombre de l’actuel capitaine de la sélection.

Arrêtez votre cirque ! Modric est un homme honnête, il est innocent à 100% !

Passablement agacé, Miroslav Blazevic nous jure que « Modric joue la conscience tranquille ». Avant de nous souhaiter une bonne journée. Et de raccrocher.

« Poule aux œufs d’or »
Depuis quelques mois, le génial milieu de terrain croate de 32 ans n’est pas seulement surveillé de près par les défenses. La justice garde aussi un œil sur lui. Et cette fois, sa faute vaut beaucoup plus qu’un carton rouge. Il est accusé d’avoir menti dans le cadre d’une affaire de corruption qui ébranle le football de son pays. Les juges lui reprochent d’avoir changé son témoignage pour couvrir un homme, et pas n’importe lequel. Un certain Zdravko Mamic, âgé d’une soixantaine d’années, considéré comme l’homme le plus puissant du football croate.

L’affaire est revenue dans les crampons de la sélection croate le 6 juin, c’est-à-dire huit jours seulement avant l’ouverture de la Coupe du monde en Russie. Ce jour-là, à 2 300 kilomètres de Moscou, Zdravko Mamic est condamné à six ans et demi de prison pour avoir notamment détourné de l’argent sur la vente de joueurs appartenant à son club, le Dinamo Zagreb. L’homme, qui « n’a apparemment pas l’intention de purger cette peine », comme l’écrit ESPN (en anglais), s’est entre-temps réfugié en Bosnie-Herzégovine. Il finit par être arrêté le 14, deux jours avant l’entrée dans la compétition de la Croatie contre le Nigeria.

Luka Modric et Zdravko Mamic se connaissent depuis longtemps. « Le destin du premier est lié au second depuis son adolescence », retrace Loïc Trégourès, auteur d’une thèse de sciences politiques sur « football, politique et identités » en ex-Yougoslavie. Au point de passer « un deal ». « Au début de sa carrière, Modric a reçu un coup de pouce financier de la part de Mamic et a signé un accord l’obligeant à partager ses revenus futurs avec lui », détaille un article de The Independent (en anglais), traduit par Footballski. Ainsi, en 2008, quand le génie croate quitte le Dinamo Zagreb pour Tottenham en Premier League, Zdravko Mamic aurait « illégalement récupéré à son compte des sommes considérables » de ce transfert. On parle de plusieurs millions d’euros. Une véritable « poule aux œufs d’or », va jusqu’à dire Loïc Trégourès.

« Je ne me souviens pas »
Le 13 juin 2017, Luka Modric enfile une chemise blanche, une veste bleue, et soigne sa tignasse blonde. Cette fois, il n’a pas rendez-vous au centre d’entraînement du Real Madrid, comme chaque matin. Mais au tribunal d’Osijek, près de la frontière serbe, « où l’affaire était dépaysée en raison des liens supposés de Zdravko Mamic avec le gratin politique, policier et judiciaire de la capitale », détaille Le Monde. Ce jour-là, face au procureur, Luka Modric refuse de confirmer la première déposition faite auprès des policiers anticorruption en 2015. Au procureur, le numéro 10 marmonne ces quelques mots : « Je ne me souviens pas. »

En premier lieu, pendant les investigations, Modric avait cependant expliqué avoir reversé en liquide à la famille Mamic sept des neuf millions d’euros arrivés sur son compte à l’occasion de son transfert à Tottenham.

« Luka, tu te rappelleras de ce jour »
En Croatie, ce revirement ne passe pas… même s’il est l’œuvre de l’un des meilleurs footballeurs que le pays a connu. Un supporter de la sélection, qui a fait le déplacement en Russie, est allé jusqu’à floquer sur son maillot la fameuse phrase « je ne me souviens pas ».

Beaucoup ne comprennent pas pourquoi Luka Modric cherche absolument à couvrir Mamic. Un message a aussi fleuri sur l’hôtel de Zadar où se sont réfugiés Modric et sa famille pendant la guerre d’ex-Yougoslavie. « Luka, tu te rappelleras de ce jour », peut-on lire.

Le cas Modric et, plus globalement, les problèmes de corruption dans le football croate divisent les supporters. « Il y a deux camps, tranche Loïc Trégourès. D’un côté, il y a ceux qui veulent en finir avec ce système, qui auraient voulu que Modric ne soit pas en sélection. De l’autre, il y a ceux qui trouvent des excuses. Eux sont clairement majoritaires. »

Tout le monde sait, mais fait comme si. Ils rationalisent. C’est comme ça…

Une question revient souvent dans la bouche des supporters plus indulgents : Luka Modric pouvait-il agir autrement ? « C’est une bonne question, reconnaît Loïc Trégourès. Peut-être même LA question centrale de l’affaire. Disons que c’est une sorte de schéma classique, opaque. Quand vous êtes bon, la case Mamic est quasi inévitable. »

Autre élément important : Luka Modric n’a rien du footballeur flambeur. Pas de virées polémiques, pas de frasques qui s’étalent en A4 dans la presse people… Sa vie avec Vanja et leurs trois enfants n’a franchement rien d’extravagant. Une discipline souvent associée à ses premières années. « S’il fut terrorisé pendant son enfance, ce n’était pas l’affaire de chamailleries de gosses mais de bêtises de grands », écrit Le Temps, Luka Modric est en effet « un fils de la guerre qui a déchiré les Balkans au début des années 90 ». Il a 6 ans lorsque sa famille fuit son village de Modrici à l’arrivée des soldats serbes. Ils s’installent 40 kilomètres plus loin, dans cette chambre d’hôtel de Zadar. Et attendent que les balles arrêtent de siffler.

« Rien de plus intelligent à demander ? »
Quelques semaines avant le début de la Coupe du monde, le sélectionneur de la Croatie, Zlatko Dalic, reconnaissait être « inquiet » de la menace de prison ferme qui plane au-dessus de sa pièce maîtresse. À quelques heures de la finale contre la France, l’inquiétude est dissipée. En poules, puis en huitièmes, quarts et demi, Modric a été le chef d’orchestre attendu, auteur notamment de deux buts. Par exemple, « son récital contre l’Argentine de Lionel Messi (3-0) a fait passer l’affaire au second plan », écrit Le Monde.

En conférence de presse, c’est en tout cas silence radio. Ses coéquipiers ne commentent pas l’affaire qui touche le capitaine. Le 15 juin, avant le match contre le Nigeria, un journaliste du Guardian a bien tenté le coup. Il voulait savoir comment le milieu de terrain vivait la situation. Vexé, l’intéressé a dégagé la question en touche. « Rien de plus intelligent à demander ? C’est une Coupe du monde, rien d’autre. Combien de temps vous êtes-vous préparé pour poser ce genre de question ? »

Une bonne prestation contre les Bleus, dimanche 15 juillet, ne pourra qu’arranger son cas. « Sa cote d’amour pourrait remonter un peu, oui, mais ça ne l’empêchera pas d’être condamné », préfère prévenir Loïc Trégourès.

Une fin d’année qui s’annonce donc forte en émotion pour le meneur de jeu croate. En cas de victoire au Mondial, Luka Modric, déjà vainqueur de la Ligue des champions cette année avec le Real, ferait figure de favori dans la course au Ballon d’or et pourrait mettre un terme au règne sans partage du couple Messi-Ronaldo depuis une décennie. Problème : il risque cinq ans de prison.

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