Sénégal – France : le casse-tête Kalidou Koulibaly divise avant le choc du Mondial
À quelques jours de l’entrée en lice du Sénégal à la Coupe du monde 2026 face à la France, prévue le 16 juin à New York, une interrogation majeure anime le staff des Lions : faut-il titulariser Kalidou Koulibaly malgré son manque de rythme, ou préserver l’équilibre défensif en s’appuyant sur les joueurs qui ont assuré son intérim ces derniers mois ?

Capitaine emblématique de la sélection sénégalaise depuis plusieurs années, Koulibaly demeure une figure incontournable du groupe. Leader naturel, patron de la défense et référence dans les grands rendez-vous, le défenseur de 34 ans revient toutefois d’une blessure musculaire à la cuisse survenue en avril, qui l’a éloigné des terrains pendant près de deux mois.
Son retour a eu lieu lors du match amical face à l’Arabie saoudite (0-0), disputé le 9 juin. Entré en jeu dans les dernières minutes, il a retrouvé la compétition sans afficher de problème physique particulier. Cependant, cette courte apparition a également montré qu’il lui manque encore du rythme après sa longue période d’inactivité.
Cette situation place le sélectionneur Pape Thiaw devant un choix complexe. D’un côté, l’expérience et l’autorité de Koulibaly pourraient être précieuses pour encadrer la défense sénégalaise face aux offensifs français tels que Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, Désiré Doué ou Michael Olise. De l’autre, son manque de compétition soulève des inquiétudes à l’approche d’un match aussi exigeant.
Une perte qui ne serait pas seulement sportive
Pour plusieurs observateurs, une éventuelle absence de Koulibaly dépasserait largement le cadre purement défensif.
« Sans Kalidou Koulibaly à 100 %, le Sénégal perd plus qu’un défenseur central. Il perd un leader, une voix et un repère dans l’organisation défensive », souligne l’ancien international sénégalais Ibrahima Sonko.
L’ancien défenseur estime toutefois que le principal point d’interrogation reste le manque de rythme du capitaine des Lions.
« Deux mois sans jouer, c’est énorme, surtout à son âge. Affronter directement une équipe comme la France dans un match de Coupe du monde représente un véritable défi », ajoute-t-il.
Même si la charnière composée de Moussa Niakhaté et Mamadou Sarr a donné satisfaction lors des dernières rencontres, l’expérience de Koulibaly dans les grands rendez-vous reste un atout difficile à remplacer.

De son côté, Seydina Issa Aidara prône la prudence. Selon lui, les quelques minutes disputées contre l’Arabie saoudite ne permettent pas encore de juger pleinement l’état de forme du défenseur.
« Utiliser ce match comme test de vérité me paraît insuffisant. Je pense qu’il faut faire confiance aux jeunes qui ont assuré ces derniers mois et permettre à Kalidou de retrouver progressivement son rythme au fil de la compétition », analyse-t-il.
L’ancien formateur de l’Institut Diambars estime que le Sénégal ne peut se permettre aucun risque lors de son premier rendez-vous mondial.
« Face à un adversaire de cette dimension, il faut disposer de joueurs à 100 % de leurs capacités physiques », insiste-t-il.
À présent, il revient à Pape Thiaw de trancher. Titulariser Koulibaly offrirait aux Lions l’apport d’un leader expérimenté habitué aux grands rendez-vous internationaux. À l’inverse, un retour trop rapide pourrait fragiliser une défense qui devra contenir l’une des attaques les plus talentueuses et explosives de la compétition. Une décision qui pourrait peser lourd sur les chances du Sénégal face aux Bleus.




