Retour sur le drame de Heysel, l’une des plus grandes tragédies de l’histoire du football européen

La finale  de la Ligue des Champions de 1985 ( appelé la Coupe d’Europe des clubs champions à l’époque) entre Liverpool et la Juventus restera à jamais tristement associée au ‘Drame du Heysel’ pour une affiche qui avait tout pour offrir une soirée honorifique pour le football en termes de spectacle et de qualité de jeu.

 

La Juventus disputait sa troisième finale des Clubs Champions, après ses échecs de 73 contre l’Ajax de Johann Cruyff et 83 contre le Hambourg de Felix Magath… Le Liverpool FC de Dalglish et Rush, lui, tenant du titre, a déjà remporté la coupe aux grandes oreilles à quatre reprises. La «Vieille Dame» affiche cependant une composition d’équipe prestigieuse, avec Scirea, Cabrini, Brio, Tardelli, Rossi, Boniek et Michel Platini, turinois depuis trois saisons. Et la Juve s’est offert, la saison précédente, la Coupe des Vainqueurs de Coupes en battant le FC Porto 2-1.

Mais ce qui devait être une fête pour les Italiens va se transformer en cauchemar. Près de 60.000 supporters prennent place dans le stade du Heysel, bien vétuste pour un événement d’une telle importance. Sans compter des forces de l’ordre complètement dépassées qui ne contrôlent pas les supporters, permettant à une majeure partie d’entrer sans ticket.

Les incidents débutent vers 19h10, lorsque des hooligans de Liverpool lancent des objets en verre et des pierres en direction du bloc Z, réservé à des supporters belges neutres mais où des supporters de la Juventus avaient également pris place.

Dix minutes plus tard, les hooligans anglais forcent le passage, envahissent le bloc Z et provoquent un immense mouvement de foule dans la tribune. Voulant se défendre, les supporters italiens se replient à l’autre bout de la tribune pendant que d’autres arrivent à s’échapper via les portes donnant accès à la pelouse. Les forces de l’ordre ferment les accès au terrain, piégeant ainsi les supporters de la Juventus.

Dans le bloc Z, des supporters sont soit piétinés, soit écrasés contre le mur de la tribune qui s’effondre sous la pression. Les autres supporters de la Juventus, situés de l’autre côté du terrain, tentent alors de quitter leur tribune via le terrain pour affronter les hooligans anglais mais sont stoppés par les forces de l’ordre.

Au fil des minutes, les événements se calment et des corps sont évacués tant bien que mal. Craignant de nouvelles émeutes si le match est reporté, l’Union européenne de football (UEFA) décide de maintenir le match qui débute à 21h30 et qui sera remporté 1-0 par la Juventus grâce à un penalty transformé par Michel Platini. Le joueur français célébrait alors son but, ce qui lui a été fortement reproché.

« Ceux qui me reprochent cette joie n’ont jamais marqué un but de leur vie», avait-il alors répondu.

Le  »Drame du Heysel » fera au total 39 morts et plus de 450 blessés. En octobre 1988, le ‘Procès du Heysel’ débute et le verdict tombe le 28 avril 1989. Quatorze hooligans anglais sont condamnés à trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis. Inculpé pour homicide involontaire, Albert Roosens, le président de l’Union belge de football, écope de six mois de prison avec sursis. Le capitaine de gendarmerie Johan Mahieu se voit infliger neuf mois de prison, également avec sursis. Une sanction réduite à six mois en appel.

Un an plus tard, l’UEFA est déclarée civilement responsable et son secrétaire général Hans Bangerter est condamné à trois mois de prison avec sursis. Liverpool est également interdit de toute participation à une compétition européenne durant 10 ans, une peine finalement réduite à 6 ans. Les clubs anglais sont, eux, interdits de confrontations européennes durant 3 ans. Une sanction qui passera à 5 ans après les débordements des hooligans anglais lors de l’Euro 1988 en Allemagne.

Bruxelles a rendu hommage aux victimes à l’occasion de la 35 ème anniversaire du vendredi 29 mai 2020, lors d’une cérémonie en comité restreint, épidémie oblige. «  Il est important de ne pas oublier les victimes. Ce tragique événement a permis d’éradiquer le hooliganisme dans les stades. Il a également permis la rénovation du stade Roi Baudoin qui a accueilli en toute sécurité des matches de l’Euro 2000  », a déclaré Philippe Close, le bourgmestre de Bruxelles. «  J’avais 7 ans lors de l’événement et je n’ai découvert les images d’horreur que quelques années plus tard. Ce match devait être une fête pour Bruxelles. Malheureusement, les victimes ont découvert ce que le sport pouvait offrir de pire  », a ajouté Benoît Hellings, l’échevin des Sports.

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