Chaque année, le Ballon d’Or africain récompense le joueur qui a le plus marqué le football continental par ses performances en club et en sélection. En 2026, la bataille s’annonce particulièrement serrée. Contrairement aux éditions précédentes, aucun candidat ne domine outrageusement les débats, mais quatre noms reviennent avec insistance : Ismaïla Sarr, Achraf Hakimi, Brahim Diaz et Sadio Mané.
Tous ont des arguments solides. Certains ont brillé en Coupe du monde, d’autres ont porté leur sélection pendant la CAN 2025 ou ont réalisé une saison exceptionnelle en club. Entre performances individuelles, titres remportés et influence sur leur équipe, le choix des votants de la CAF s’annonce particulièrement difficile.
Qui possède réellement le meilleur dossier ? Afrique Sports vous fait une analyse complète des quatre grands favoris.
Ismaïla Sarr, la candidature qui a explosé grâce au Mondial

Il y a encore quelques mois, rares étaient ceux qui imaginaient Ismaïla Sarr parmi les principaux prétendants au Ballon d’Or africain 2026. Reconnu depuis plusieurs saisons pour sa vitesse fulgurante, sa qualité de percussion et sa capacité à éliminer ses adversaires en un contre un, l’international sénégalais souffrait encore d’un manque de régularité dans les très grands rendez-vous. Son potentiel n’a jamais été remis en question, mais il lui manquait cette saison de référence capable de le faire entrer dans une nouvelle catégorie. Cette année, l’ancien joueur du Stade Rennais et de Watford a définitivement franchi ce cap.
Sous les couleurs de Crystal Palace, Ismaïla Sarr a tout simplement réalisé le meilleur exercice de sa carrière. Devenu l’un des leaders offensifs des Eagles, il s’est imposé comme un titulaire indiscutable grâce à son explosivité, son sens du but et son efficacité dans les moments importants. Match après match, l’ailier sénégalais a affiché une remarquable régularité en Premier League tout en se montrant décisif lors du parcours historique du club sur la scène européenne.
L’un des temps forts de sa saison restera sans aucun doute la conquête de la Ligue Europa Conférence. Véritable moteur de l’attaque londonienne, Sarr a largement contribué au premier grand sacre européen de Crystal Palace. Avec 9 réalisations, il a terminé meilleur buteur de la compétition, avant d’être élu meilleur joueur du tournoi, une distinction qui récompense son influence constante tout au long de la campagne européenne. Dans les rencontres à élimination directe comme lors de la finale, il a confirmé sa réputation de joueur capable de répondre présent lorsque la pression est maximale.
Mais c’est véritablement lors de la Coupe du monde 2026 que sa candidature au Ballon d’Or africain a pris une nouvelle dimension. Sous le maillot des Lions de la Teranga, Ismaïla Sarr s’est affirmé comme le principal atout offensif du Sénégal. Dans une équipe pourtant riche en talents, il a été celui qui a constamment fait basculer les rencontres grâce à sa vitesse, ses appels en profondeur et son réalisme devant le but. Les défenses adverses n’ont jamais trouvé la solution pour contenir ses accélérations et sa capacité à créer du danger sur chaque prise de balle.
Auteur de quatre buts durant le tournoi, il s’est hissé parmi les meilleurs buteurs africains de cette Coupe du monde. Plus encore, il est devenu le meilleur buteur sénégalais de l’histoire du Mondial, dépassant toutes les références précédentes. Son doublé face à la Norvège, son but contre l’Irak puis sa réalisation en huitièmes de finale contre la Belgique ont illustré sa capacité à répondre présent lors des rendez-vous les plus importants. Au-delà des chiffres, c’est surtout le poids de ses réalisations qui impressionne, chacune ayant joué un rôle majeur dans le parcours des Lions.
Aujourd’hui, l’influence d’Ismaïla Sarr dépasse largement le cadre des statistiques. Longtemps considéré comme le principal lieutenant de Sadio Mané, il est progressivement devenu le nouveau visage du football sénégalais. À 28 ans, l’ailier a atteint une maturité rarement observée auparavant dans son jeu. Plus discipliné tactiquement, plus efficace dans la zone de vérité et plus influent dans le vestiaire, il assume désormais pleinement les responsabilités d’un leader. Son évolution témoigne d’une progression constante qui fait désormais de lui l’un des meilleurs joueurs africains de sa génération.
Cette montée en puissance n’est d’ailleurs pas passée inaperçue sur le marché des transferts. Grâce à ses performances exceptionnelles en club comme en sélection, plusieurs grandes écuries européennes suivent désormais sa situation avec attention. Son nom circule avec insistance parmi les profils capables de franchir un nouveau palier dans un club disputant régulièrement la Ligue des champions, preuve de la nouvelle dimension qu’il a acquise cette saison.
Pour de nombreux observateurs, aucun autre candidat n’a autant renforcé sa position dans la course au Ballon d’Or africain au cours des derniers mois. Entre son excellente saison avec Crystal Palace, son sacre européen, son titre de meilleur joueur de la Ligue Europa Conférence et sa Coupe du monde de très haut niveau, Ismaïla Sarr présente aujourd’hui un dossier particulièrement solide. Si les votants accordent une importance majeure aux performances dans les grandes compétitions internationales, le Sénégalais possède incontestablement l’une des candidatures les plus convaincantes de cette édition. Après avoir longtemps évolué dans l’ombre des plus grandes stars africaines, Ismaïla Sarr semble désormais prêt à s’installer tout en haut du football continental.
Achraf Hakimi, le roi qui veut conserver sa couronne

Depuis plusieurs années, un nom revient systématiquement lorsqu’il est question du Ballon d’Or africain : Achraf Hakimi. Lauréat de l’édition 2025, le capitaine des Lions de l’Atlas s’est imposé comme l’un des plus grands ambassadeurs du football africain sur la scène internationale. À seulement 27 ans, le latéral du Paris Saint-Germain cumule déjà un palmarès impressionnant et continue d’évoluer au plus haut niveau avec une régularité exceptionnelle. Plus qu’un simple défenseur, Hakimi est devenu un véritable leader, aussi bien en club qu’en sélection, ce qui fait naturellement de lui l’un des grands favoris à sa propre succession.
Ce qui distingue avant tout l’international marocain de la plupart de ses concurrents, c’est sa remarquable constance. Là où de nombreux joueurs alternent entre saisons brillantes et périodes plus délicates, Hakimi affiche un niveau de performance quasiment identique depuis plusieurs années. Saison après saison, il répond présent dans les plus grandes compétitions, qu’il s’agisse de la Ligue des champions, du championnat de France ou des rendez-vous internationaux avec le Maroc. Cette stabilité au très haut niveau constitue l’un de ses plus grands atouts dans la course aux distinctions individuelles.
Sous les couleurs du Paris Saint-Germain, Achraf Hakimi continue de repousser les limites de son poste. Défenseur de formation, il évolue comme un véritable piston moderne, capable d’apporter autant offensivement que défensivement. Ses accélérations dévastatrices, sa qualité de centre, sa précision dans les derniers mètres et son intelligence tactique lui permettent d’être impliqué dans de nombreuses actions décisives. Rarement un latéral aura autant influencé le jeu de son équipe au cours de ces dernières saisons.
La saison 2025-2026 en est une nouvelle illustration. Avec le club parisien, Hakimi a encore enrichi son palmarès en remportant notamment une deuxième Ligue des champions consécutive, un exploit historique qui confirme la domination du PSG sur la scène européenne. Tout au long de la campagne continentale, il a été l’un des hommes forts de Luis Enrique, multipliant les prestations de très haut niveau lors des matches à élimination directe. Son activité incessante sur le couloir droit, sa capacité à créer des décalages et son volume de jeu impressionnant ont une nouvelle fois fait de lui un élément indispensable du collectif parisien.
En sélection nationale, son importance dépasse largement le cadre sportif. Depuis plusieurs années, Achraf Hakimi est devenu le véritable visage du football marocain. Capitaine des Lions de l’Atlas, il incarne une génération dorée qui a définitivement installé le Maroc parmi les grandes nations du football mondial. Son leadership naturel, son exemplarité et son influence dans le vestiaire font de lui bien plus qu’un simple joueur : il est aujourd’hui le guide d’un groupe ambitieux qui rêve désormais de nouveaux titres internationaux.
La Coupe d’Afrique des Nations 2025 est venue confirmer une nouvelle fois cette réalité. Même lorsque les statistiques offensives ne traduisent pas pleinement son influence, Hakimi reste le joueur autour duquel s’organise tout le système marocain. Son impact dans les phases de transition, sa qualité de relance et sa capacité à verrouiller son couloir en font une pièce maîtresse du dispositif des Lions de l’Atlas. Sans surprise, il a été retenu dans le onzième type officiel de la compétition, une récompense qui souligne son immense régularité.
Lors de la Coupe du monde 2026, le capitaine marocain a également répondu aux attentes. Solide défensivement face à certains des meilleurs attaquants de la planète, précieux dans les sorties de balle et toujours disponible pour apporter le surnombre offensivement, il a largement contribué au parcours du Maroc jusqu’aux quarts de finale. Son activité permanente, sa discipline tactique et sa capacité à répondre présent dans les grands rendez-vous ont une nouvelle fois confirmé pourquoi il est considéré comme l’un des meilleurs latéraux droits du football mondial.
L’un des principaux arguments en faveur d’Achraf Hakimi dans cette course au Ballon d’Or africain reste justement cette continuité au plus haut niveau. Si certains de ses concurrents, comme Ismaïla Sarr ou Brahim Díaz, ont explosé cette saison grâce à des performances exceptionnelles, le Marocain, lui, évolue dans cette sphère d’excellence depuis plusieurs années. Cette capacité à maintenir un niveau d’exigence aussi élevé constitue un critère particulièrement apprécié lors des votes.
Brahim Diaz, le maestro marocain qui a illuminé le Mondial

S’il y a bien un joueur dont la cote a explosé ces derniers mois, c’est Brahim Diaz. Longtemps considéré comme un immense talent en quête de régularité, le milieu offensif du Real Madrid a définitivement changé de dimension. Sous le maillot marocain comme en club, il s’est affirmé comme un véritable leader technique, capable de faire basculer une rencontre par un dribble, une passe ou un éclair de génie.
Son choix de représenter le Maroc s’est révélé être une formidable réussite. Rapidement adopté par les supporters des Lions de l’Atlas, Brahim est devenu le cœur du jeu offensif marocain. Sa qualité de balle, sa vision du jeu et sa capacité à évoluer entre les lignes font aujourd’hui de lui l’un des joueurs les plus créatifs du continent africain.
Lors de la Coupe du monde 2026, il n’a pas seulement confirmé son talent, il a également prouvé qu’il savait répondre présent dans les plus grands rendez-vous. Si certains attaquants se sont illustrés par leurs buts, Brahim Diaz a, lui, été l’un des meilleurs créateurs du tournoi. Avec quatre passes décisives, il a terminé parmi les meilleurs passeurs de la compétition, juste derrière Michael Olise, confirmant son influence dans le parcours du Maroc.
Ces quatre offrandes illustrent parfaitement son importance dans le collectif marocain. À chaque fois que les Lions de l’Atlas avaient besoin de déséquilibrer une défense, le ballon passait par lui. Son intelligence dans les petits espaces, sa qualité de dernière passe et sa faculté à accélérer le jeu ont permis au Maroc de se montrer dangereux contre les meilleures nations. Plus qu’un simple milieu offensif, Brahim est devenu le véritable chef d’orchestre de son équipe.
Ses performances en sélection viennent s’ajouter à une saison solide sous les couleurs du Real Madrid. Même dans un effectif composé de stars mondiales, l’international marocain a su tirer son épingle du jeu grâce à sa polyvalence. Capable d’évoluer sur les deux ailes, en numéro dix ou dans un rôle de faux ailier, il apporte une richesse tactique précieuse et répond présent lorsque son entraîneur fait appel à lui.
À cela s’ajoute une CAN 2025 particulièrement réussie. Brahim Diaz y a confirmé son statut de leader offensif du Maroc en terminant meilleur buteur de la compétition avec cinq réalisations. Il a multiplié les prestations de haut niveau, démontrant qu’il pouvait assumer la pression des grands rendez-vous et guider son équipe jusqu’au bout de la compétition.
Son principal obstacle dans la course au Ballon d’Or africain pourrait finalement être… son propre coéquipier. Achraf Hakimi réalise lui aussi une saison exceptionnelle, et les votes en faveur des deux Marocains pourraient se répartir. Malgré cela, Brahim Diaz possède aujourd’hui l’un des dossiers les plus complets. Entre son excellente saison en club, sa CAN aboutie et son Mondial de très haut niveau marqué par quatre passes décisives, le meneur de jeu marocain s’impose comme un prétendant très sérieux au Ballon d’Or africain 2026.
Sadio Mané, la dernière danse d’une légende ?

Même à l’approche de la dernière ligne droite de son immense carrière, Sadio Mané demeure l’une des figures les plus respectées du football africain. Double Ballon d’Or africain, champion d’Afrique avec le Sénégal en 2022, vainqueur de la Ligue des champions avec Liverpool et auteur de nombreuses saisons au plus haut niveau européen, l’attaquant sénégalais continue d’incarner l’excellence du football africain. Son influence dépasse largement les simples statistiques et fait toujours de lui un candidat crédible dans la course au Ballon d’Or africain.
Cette saison encore, l’ancien joueur de Liverpool a rappelé qu’il restait un élément essentiel, aussi bien en sélection qu’en club. Si son rendement offensif n’a plus l’éclat de ses plus grandes années en Premier League, son impact sur le terrain reste considérable. Sa lecture du jeu, sa qualité technique, son expérience des grands rendez-vous et sa capacité à guider les plus jeunes font de lui un véritable leader, capable d’influencer le cours d’une rencontre sans nécessairement inscrire un but ou délivrer une passe décisive.
La Coupe d’Afrique des Nations 2025 a une nouvelle fois démontré toute l’importance de Sadio Mané pour les Lions de la Teranga. Véritable capitaine de route de la sélection sénégalaise, il a conduit son équipe jusqu’à la finale grâce à une succession de prestations abouties. Au terme de la compétition, il a logiquement été élu meilleur joueur du tournoi, une récompense qui souligne son influence constante dans les moments décisifs. Plus qu’un simple attaquant, Mané est resté le moteur émotionnel et technique de son équipe, capable de faire basculer un match par son intelligence de jeu et son sens du collectif.
Lors de la Coupe du monde 2026, le Sénégal s’est davantage appuyé sur l’efficacité d’Ismaïla Sarr, auteur d’un tournoi remarquable avec quatre buts. Toutefois, réduire l’apport de Sadio Mané aux seules statistiques serait une erreur. L’ancien Red est resté le véritable patron du vestiaire sénégalais, celui qui rassure ses partenaires, oriente le jeu dans les moments difficiles et apporte son calme lorsque la pression devient maximale. Son expérience accumulée dans les plus grandes compétitions internationales constitue un atout inestimable pour cette génération de Lions.
En club également, Sadio Mané continue d’évoluer à un niveau très compétitif. Malgré les années qui passent, il demeure un joueur capable de faire des différences grâce à sa vitesse d’exécution, son intelligence tactique et son sens du sacrifice. Son professionnalisme exemplaire et sa régularité témoignent de son incroyable longévité au plus haut niveau, un exploit rare dans le football moderne.
La principale difficulté de sa candidature réside néanmoins dans la concurrence. Face à l’émergence d’une nouvelle génération portée par Ismaïla Sarr, Achraf Hakimi ou encore Brahim Díaz, de nombreux observateurs estiment que le moment est peut-être venu de tourner la page. Les performances exceptionnelles de ces jeunes stars pourraient naturellement influencer les votants, désireux de récompenser un nouveau visage du football africain.
Pour autant, écarter Sadio Mané de la course serait sans doute prématuré. Son palmarès, son influence sur le terrain, son leadership naturel et sa capacité à répondre présent dans les grands rendez-vous continuent de faire de lui l’un des joueurs les plus respectés du continent. Tant qu’il conservera ce niveau d’exigence et cette importance au sein du collectif sénégalais, le natif de Bambali restera un prétendant crédible aux plus grandes distinctions individuelles africaines. Peu de joueurs peuvent se targuer d’avoir marqué aussi durablement l’histoire du football africain, et Mané continue d’écrire les dernières pages d’une carrière déjà légendaire.
Qui mérite vraiment le Ballon d’Or africain ?
La réponse dépendra des critères privilégiés par les votants.
Si l’on récompense la régularité sur plusieurs saisons, Achraf Hakimi conserve une légère avance.
Si l’on privilégie l’explosion d’un joueur et son impact lors de la Coupe du monde, Ismaïla Sarr possède probablement le dossier le plus convaincant.
Si l’on met en avant le talent pur et l’influence offensive, Brahim Diaz peut créer la surprise.
Enfin, si les votants souhaitent saluer le leadership, l’expérience et le rôle déterminant dans les grandes compétitions, Sadio Mané reste un candidat extrêmement crédible.
Une chose est sûre : rarement un Ballon d’Or africain aura été aussi disputé. Les quatre joueurs présentent des profils très différents mais des arguments solides. À l’heure actuelle, Ismaïla Sarr semble légèrement partir avec une longueur d’avance grâce à sa saison exceptionnelle et à son impact lors du Mondial 2026, tandis qu’Achraf Hakimi demeure son principal rival grâce à une régularité qui fait de lui l’un des meilleurs joueurs africains de la dernière décennie. Derrière eux, Brahim Diaz et Sadio Mané restent parfaitement capables de renverser la hiérarchie au moment du vote, ce qui promet une édition 2026 passionnante jusqu’à l’annonce du verdict.




