Le football égyptien et africain vient de perdre l’une de ses figures les plus emblématiques. À 78 ans, une page majeure de l’histoire du ballon rond s’est tournée avec la disparition de celui que beaucoup considèrent comme l’architecte de la plus grande dynastie du football africain moderne. Ancien joueur d’exception et entraîneur de génie, il laisse derrière lui un héritage sportif et humain inestimable.
Formé au prestigieux Zamalek SC, il s’est rapidement imposé comme l’un des plus grands talents de sa génération. Meneur de jeu élégant et buteur redoutable, il a marqué 77 buts en championnat sous les couleurs du club cairote, contribuant à plusieurs titres nationaux et à l’aura historique de Zamalek. Sa carrière de joueur l’a également mené au Koweït, où son talent a dépassé les frontières africaines. En 1970, il est devenu le seul footballeur non asiatique à être sacré meilleur joueur du continent asiatique, un exploit rarissime qui témoigne de son immense classe.

Après avoir raccroché les crampons en 1983, il s’est naturellement tourné vers le banc de touche. D’abord formateur chez les jeunes de Zamalek, il a ensuite dirigé plusieurs clubs en Égypte et dans le Golfe, réussissant notamment l’exploit de faire accéder trois équipes égyptiennes à l’élite. Mais c’est à la tête de la sélection nationale que son nom est entré dans la légende.
Entre 2006 et 2010, il a réalisé un exploit inégalé : remporter trois Coupe d’Afrique des Nations consécutives avec l’Égypte. Ces sacres successifs, en 2006, 2008 et 2010, font de lui le premier et le seul entraîneur à avoir accompli un tel triplé continental. Il rejoint ainsi le panthéon du football africain aux côtés du Ghanéen Charles Gyamfi, autre triple vainqueur de la CAN, bien que sur une période différente.
Son travail a été largement reconnu par les instances internationales. Il a été élu meilleur entraîneur d’Afrique en 2008 par la Confédération Africaine de Football, avant d’être désigné meilleur entraîneur du continent en 2010 par la Fédération internationale d’histoire et de statistique du football. Avec la sélection, son bilan impressionne : 86 matches dirigés pour 52 victoires, couronnés par trois titres continentaux historiques.

Surnommé « Le Professeur » par les supporters de Zamalek pour son intelligence tactique et la beauté du jeu prôné par ses équipes, il restera à jamais comme un stratège visionnaire, un pédagogue du football et un monument du sport africain. Son héritage continuera d’inspirer des générations de joueurs et d’entraîneurs bien au-delà des frontières de l’Égypte.




