Le Sénégal et l’Égypte se donnent rendez-vous ce mercredi à Tanger (17h GMT) pour une place en finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Une affiche de très haut niveau entre deux géants du continent, rompus à ce genre de rendez-vous et liés par une rivalité récente devenue incontournable.
Leurs confrontations de 2022 restent encore dans toutes les mémoires. D’abord en finale de la CAN à Yaoundé, remportée par le Sénégal aux tirs au but, puis lors des barrages qualificatifs pour la Coupe du monde au Qatar, où les Lions avaient de nouveau pris le dessus sur les Pharaons. Deux coups durs successifs pour l’Égypte, qui nourrissent aujourd’hui un esprit de revanche clairement assumé.

Ce nouveau choc s’inscrit donc dans la continuité de cette opposition devenue symbolique du football africain moderne : intensité, rigueur tactique et duel de leaders. Le Sénégal arrive avec le statut de référence continentale, fort de sa constance et de son vécu dans les grands matchs. L’Égypte, elle, avance avec l’ambition de rééquilibrer les débats et de rappeler son immense palmarès.
À ce stade de la compétition, le passé compte, mais ne joue pas le match. À Tanger, seuls la maîtrise émotionnelle, l’efficacité dans les moments clés et l’expérience collective feront la différence pour décrocher le précieux billet pour la finale.
Le vainqueur de cette demi-finale affrontera en finale le gagnant de l’autre affiche, Maroc–Nigeria. L’enjeu est donc double : se rapprocher du titre continental et, pour le Sénégal, confirmer sa domination récente face à un adversaire qu’il a pris l’habitude de faire plier dans les moments décisifs.
Des équilibres défensifs à préserver
Ancien adjoint d’Aliou Cissé et fin connaisseur des affrontements entre Lions et Pharaons, Régis Bogaert appelle toutefois à la prudence. Pour le technicien français, la première clé de cette demi-finale réside dans la solidité défensive et la maîtrise des transitions. Il alerte notamment sur certaines phases de fébrilité observées chez le Sénégal depuis le début du tournoi, des moments de relâchement que l’Égypte, experte dans l’art d’exploiter la moindre erreur, pourrait transformer en occasions franches.
Face à une sélection égyptienne à l’aise dans un registre d’attente et de projection rapide, la vigilance devra être permanente. La gestion des déséquilibres sera déterminante, en particulier sur les côtés. Régis Bogaert insiste sur un point précis : éviter que les deux latéraux ne montent simultanément. Exposer les couloirs reviendrait à offrir des espaces précieux à des attaquants capables d’attaquer la profondeur et de forcer les défenseurs centraux sénégalais à sortir de leur zone.
Dans ce schéma, le rôle d’Idrissa Gana Gueye apparaît central. Appelé à évoluer bas en phase défensive, le milieu de terrain devra sécuriser l’axe, couper les lignes de passe et servir de premier rempart devant la défense. Son positionnement et sa lecture du jeu seront essentiels pour contenir les transitions rapides des Pharaons.

L’efficacité offensive comme impératif
Au-delà de l’équilibre défensif, l’autre facteur déterminant concernera l’animation offensive. Régis Bogaert souligne l’importance de mener chaque action à son terme face à une équipe aussi dangereuse en contre-attaque. Marquer reste l’idéal, mais à défaut, il faudra au minimum conclure les offensives par des situations permettant un replacement rapide et organisé.
La perte de balle dans des zones exposées constituerait un danger immédiat. Dans un match à élimination directe, face à une Égypte pragmatique et patiente, la moindre imprécision peut se payer cash. L’efficacité, tant dans la surface adverse que dans la gestion des temps faibles, sera donc un impératif absolu.
À ce stade de la compétition, il ne s’agit plus seulement de dominer, mais de contrôler, frapper au bon moment et ne rien offrir. Face aux Pharaons, chaque détail comptera.




