CAN 2025

CAN 2025 : le Maroc et la CAF dans la tourmente

Afrique Sports4 min de lecture
CAN 2025 : le Maroc et la CAF dans la tourmente
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Sacrée Joueuse Africaine de l’Année à six reprises, Asisat Oshoala n’a pas mâché ses mots après l’élimination du Nigeria face au Maroc (0-0, 2-4 tab) en demi-finale de la CAN 2025, adressant une pique appuyée à la Confédération africaine de football (CAF).

Mercredi, le pays hôte a mis un terme au parcours des Super Eagles au terme d’une rencontre globalement maîtrisée par les Lions de l’Atlas. Malgré une possession relativement équilibrée, le Maroc s’est montré bien plus entreprenant offensivement, avec 16 tirs contre seulement 2 pour le Nigeria. Après 120 minutes sans but, la qualification s’est jouée aux tirs au but, souriant aux Marocains, qualifiés pour la finale.

À l’issue de la rencontre, la frustration était palpable côté nigérian. Les Super Eagles ont vivement critiqué l’arbitre ghanéen Daniel Laryea, l’accusant d’avoir favorisé le pays hôte. Des reproches qui s’inscrivent dans une série de contestations similaires, après celles de la Tanzanie en huitièmes de finale et du Cameroun en quarts, tous deux estimant avoir été lésés par des décisions arbitrales.

Cette élimination a visiblement fait déborder le vase pour Asisat Oshoala. Très active sur les réseaux sociaux, la star des Super Falcons a exprimé sa colère face à ce qu’elle considère comme un traitement préférentiel accordé au Maroc par la CAF.
« La grande question est la suivante : quand toute cette compensation de la CAF envers le Maroc va-t-elle prendre fin ? », a-t-elle écrit. « Les récompenses, les tournois, tout… ça devient lassant. Nous avons besoin que d’autres pays se manifestent. Tout ce qui concerne le football africain se passe au Maroc, on dirait que c’est devenu le nouveau quartier général. »

Une sortie tranchante qui relance le débat sur l’arbitrage et la gouvernance du football africain, à quelques jours seulement de la finale de la CAN 2025.

Les propos d’Asisat Oshoala à l’encontre du Maroc et de la CAF ne se limitent pas uniquement aux décisions arbitrales qu’elle estime favorables au pays hôte lors de cette CAN. La star nigériane fait également référence à un contexte plus large, qu’elle juge révélateur d’un déséquilibre croissant au sein du football africain.

Ces dernières années, le Maroc s’est imposé comme une véritable plaque tournante des compétitions de la CAF. Le royaume chérifien a accueilli la dernière Coupe d’Afrique des Nations féminine, remportée par le Nigeria, et s’apprête à organiser de nouveau la CAN féminine 2026, prévue en mars. À cela s’ajoutent l’organisation de la CAN U23, de la CAN U17, ainsi que de la CAN senior actuelle, sans oublier la possibilité d’accueillir la CAN 2028. Une omniprésence qui alimente, selon certains observateurs, le sentiment d’un traitement privilégié.

Au-delà des tournois, Oshoala pointe également du doigt la répartition des distinctions individuelles. Si le sacre récent d’Achraf Hakimi au titre de Joueur Africain de l’Année de la CAF est largement considéré comme mérité, notamment grâce à ses performances avec le PSG, l’attribution du Ballon d’Or africain féminin a suscité une vive controverse. Malgré la victoire des Super Falcons à la CAN féminine et les performances remarquées de joueuses comme Rasheedat Ajibade ou Esther Okoronkwo, la CAF a choisi de couronner la Marocaine Ghizlane Chebbak, un choix perçu par beaucoup comme discutable.

C’est donc l’ensemble de ces éléments — arbitrage, organisation répétée des compétitions et attribution des trophées — qu’Asisat Oshoala semble dénoncer à travers sa sortie, estimant que l’équilibre et l’équité du football africain sont aujourd’hui remis en question.

Cet article est une adaptation d’un contenu publié par notre partenaire Soccernet.

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