La finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), disputée dimanche et remportée par le Sénégal face au pays hôte, le Maroc, restera gravée dans les mémoires autant pour son intensité sportive que pour la vive polémique arbitrale qui a marqué la fin de la rencontre. À la 94e minute, l’arbitre congolais a accordé un penalty en faveur des Lions de l’Atlas, une décision immédiatement contestée avec véhémence par le banc sénégalais.
Quelques instants plus tôt, le même officiel avait annulé un but sénégalais jugé parfaitement valable par de nombreux observateurs, déclenchant l’incompréhension et la colère du sélectionneur Pape Thiaw et de son staff. Dans un climat électrique, et face à ce qu’il estimait être une injustice de trop, le technicien des Lions de la Teranga a alors demandé à ses joueurs de quitter provisoirement la pelouse. Un geste fort, rarissime à ce niveau, qui a immédiatement suscité de nombreuses réactions et relancé le débat sur l’arbitrage en Afrique.

Invité sur le plateau de France 24, Samuel Eto’o a été interrogé sur cet épisode tendu et sur l’attitude qu’il aurait lui-même adoptée dans une situation similaire. Fort de son expérience, l’ancien capitaine des Lions Indomptables a livré une analyse mesurée et empreinte de lucidité.
« Moi, j’ai été sanctionné de quatre matchs pour avoir refusé de prendre ce genre de décision. Les émotions, dans le football, ne sont pas toujours contrôlables. Lors d’un Cameroun–Maroc, il y avait énormément de tension et un compatriote m’avait suggéré de retirer l’équipe. Sur un coup de tête, j’aurais pu le faire », a-t-il confié. Avant d’ajouter : « Je ne vais pas accuser le sélectionneur sénégalais, bien au contraire. Il a eu le courage de défendre son équipe et d’assumer ses choix. Parfois, il faut savoir prendre ce genre de risques. Au final, le Sénégal gagne, et c’est l’essentiel. »
Samuel Eto’o a toutefois tenu à rappeler l’importance d’un meilleur encadrement de ces situations émotionnelles dans le football moderne. « Ceux qui sont chargés d’analyser ce qui n’a pas fonctionné prendront leurs responsabilités. Mais il faut comprendre qu’un match de football génère toujours beaucoup d’émotions. L’essentiel est d’éviter qu’elles ne débordent. Et cela passe par quelque chose de simple : vérifier les faits de jeu. Revoir les actions ne coûte rien et permettrait de mieux maîtriser les tensions », a-t-il conclu.




