Les propos de Bastian Schweinsteiger sur le football ivoirien continuent de susciter de vives réactions. L’ancien milieu de terrain allemand a récemment qualifié le jeu des Ivoiriens de « football sauvage », une expression qui a provoqué une large indignation parmi plusieurs observateurs du football. Cette sortie est perçue par certains comme réductrice, alimentant un débat sur le regard porté sur les sélections africaines dans les grandes compétitions internationales.
Le journaliste sportif ivoirien Malick Traoré a réagi avec fermeté. Tout en disant respecter « l’homme, le joueur, la légende » qu’est Schweinsteiger, il rejette ce qu’il considère comme une forme de paternalisme et d’humiliation. Il s’interroge sur la signification des termes employés et leur portée : « Qu’est-ce qu’un football sauvage ? Cela veut-il dire qu’il y a un football civilisé ? Qui a le monopole de ce dernier ? », a-t-il dénoncé.

Pour Malick Traoré, cette déclaration ne reflète pas la réalité du football ivoirien, estimant que de nombreux internationaux évoluent dans les plus grands championnats européens et répondent aux exigences du football moderne. Il critique une vision qu’il juge encore condescendante envers le football africain, malgré les progrès et les performances observées sur la scène internationale. « Peu importe les talents et la qualité de jeu que l’on peut proposer, il y aura toujours une minorité de personnes qui viendront dénigrer ce que l’on propose au nom de l’expertise », a-t-il ajouté.
Le journaliste conclut sur une note d’indignation en citant Albert Camus : « la bêtise insiste toujours ». Cette prise de position relance le débat sur les stéréotypes persistants autour du football africain et la manière dont il est parfois évalué à travers des grilles de lecture jugées dépassées par certains observateurs.
Du côté des internautes, les réactions sont partagées. Certains estiment que la réponse doit passer par les résultats sportifs : « Il faut que nos joueurs répondent à ce monsieur en gagnant sur le terrain. Lui montrer que même en étant sauvage, on peut lez battre et gagner une coupe du monde. Il faut que nos joueurs aient une mentalité de gagnant en tuant les matchs face aux soit disant civilisé.
Je pense que c’est ce que le Brésil a fait dans le passé et ils le respectent aujourd’hui ». D’autres dénoncent un regard dévalorisant : « Chassez le naturel, il revient au galop ! Ces gens-là, s’efforcent de nous considérer comme des humains. En réalité, nous ne le sommes pas dans leur subconscient ». Et encore : « Une victoire de la Côte d’Ivoire contre son pays l’Allemagne aurait changé sa perception vis à vis des équipes africaines. Hélas ! ».
D’autres commentaires insistent sur la dimension mentale et culturelle du débat : « Tant que nos équipes nationales joueront en « respectant » les équipes occidentales, tant qu’elles ne les battront pas, mais auront la peur au ventre face à elles, ce genre de propos prospéreront. Depuis le début de cette Coupe du Monde, je ne vois pas une équipe dite « civilisée » des blancs capables d’humilier une équipe africaine si celle joue avec sa vraie valeur sans complexe d’infériorité ». Enfin, une autre analyse insiste sur la portée des mots : « Qualifier le football africain de « sauvage » n’est pas une simple analyse technique.
Cher Bastian…
— Malick Traoré (@mlktraore) June 24, 2026
Je respecte l’homme, le joueur, la légende que tu es. En revanche je n’accepterai pas le paternalisme, l’humiliation, les brimades, le racisme ordinaire… Qu’est ce qu’un football sauvage ? Cela veut-il dire qu’il y a un football civilisé ? Qui a le monopole de… pic.twitter.com/lYhFlvLRzS
Les mots ont un poids, une histoire et parfois des préjugés qu’ils véhiculent inconsciemment. L’Afrique n’a pas besoin d’être validée par quiconque pour démontrer la qualité de son football. Ses joueurs brillent dans les plus grands clubs du monde, remportent les trophées les plus prestigieux et contribuent à l’évolution du jeu moderne. On peut critiquer un système de jeu, une organisation tactique ou une prestation sportive. Mais réduire tout un continent à un football « sauvage » relève d’une vision caricaturale qui n’a plus sa place dans le football du XXIe siècle. Le respect est dû à tous les peuples, à toutes les cultures et à toutes les écoles de football. Car le talent n’a ni couleur, ni continent ».




