CAN 2025

CAN 2025 : la CAF cède à la demande du Maroc et provoque la colère d’Eto’o

Noyine Touré4 min de lecture
CAN 2025 : la CAF cède à la demande du Maroc et provoque la colère d’Eto’o
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À la veille du quart de finale très attendu de la CAN 2025 entre le Maroc et le Cameroun, la désignation du corps arbitral a déclenché une vive polémique. En cause : un retard inhabituel dans l’annonce officielle des arbitres, mais aussi des choix qui ont alimenté interrogations et tensions, aussi bien du côté marocain qu’au sein de la Confédération africaine de football, et par ricochet au Cameroun.

À la veille des quarts de finale de la CAN 2025, une véritable cacophonie règne autour des désignations arbitrales, plongeant la compétition dans un climat de confusion et de suspicion. Alors que ces affiches décisives devraient être abordées avec sérénité, les choix opérés – puis modifiés – par la Confédération africaine de football (CAF) ont suscité de nombreuses interrogations.

Ce n’est que jeudi soir, après plusieurs heures de flottement et de rumeurs, que la CAF a fini par officialiser les arbitres retenus. Le Sud-Africain Tom Abongile a été désigné pour diriger le choc très attendu entre le Mali et le Sénégal, tandis que le Mauritanien Dahane Beida officiera lors de l’affiche explosive entre le Cameroun et le Maroc.

Un revirement qui n’est pas passé inaperçu. Initialement, la CAF avait porté son choix sur l’Égyptien Amin Omar pour arbitrer Cameroun–Maroc, avec à la VAR l’Algérien Mustapha Ghorbal. Ce dernier avait pourtant été, pendant un temps, pressenti comme arbitre central pour la rencontre Mali–Sénégal, avant d’être finalement écarté de ce rôle.

Ces changements de dernière minute alimentent les débats et renforcent le malaise autour de l’arbitrage dans cette CAN 2025, déjà marquée par plusieurs décisions controversées. Sur les réseaux sociaux comme dans les cercles d’observateurs, nombreux sont ceux qui dénoncent un manque de clarté et de cohérence dans la gestion arbitrale de la CAF, à un moment clé de la compétition.

À quelques heures du coup d’envoi des quarts de finale, une question demeure : ces désignations suffiront-elles à apaiser les tensions, ou risquent-elles au contraire d’ajouter de l’huile sur le feu dans une CAN déjà sous haute pression ?

Un arbitre égyptien au sifflet et un Algérien à la VAR : le Maroc s’y oppose

La désignation d’Amin Omar comme arbitre central et de Mustapha Ghorbal à la VAR a cristallisé les critiques. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses pages de supporters marocains ont dénoncé un choix jugé « sensible ». L’association d’un arbitre égyptien et d’un officiel algérien à l’assistance vidéo a été perçue par certains comme maladroite, voire inquiétante, en raison de la rivalité persistante avec l’Algérie et des précédents douloureux impliquant des arbitres égyptiens lors de rencontres du Maroc. Les noms d’Issam Abdelfattah ou encore Jihad Gricha ont rapidement refait surface, symboles d’un passif encore difficile à digérer pour une partie du public marocain.

Mais la situation a évolué au fil d’une soirée particulièrement agitée. La Fédération royale marocaine de football (FRMF) a déposé une réclamation officielle auprès de la CAF, dénonçant dans un premier temps l’absence totale d’informations sur le corps arbitral à moins de 24 heures du coup d’envoi, avant de contester, dans un second temps, l’identité même des arbitres désignés.

« C’est très chaud actuellement à la CAF »

Avec l’éviction d’Amin Omar et de Mustapha Ghorbal, le Maroc a finalement obtenu gain de cause. Toutefois, selon le journaliste Romain Molina, ces décisions ont provoqué de sérieux remous au sein de la Confédération africaine de football. Informés très tardivement des changements opérés, le président de la Fédération camerounaise, Samuel Eto’o, et son homologue nigérian, Ibrahim Musa Gusau, auraient très mal accueilli la situation. Les deux dirigeants seraient désormais en train de s’allier pour contester certaines désignations arbitrales, dans un climat de fortes tensions. « C’est très chaud actuellement à la CAF », résume Romain Molina.

Un malaise plus large autour de l’arbitrage à la CAN 2025

Au-delà de cette polémique, l’arbitrage s’impose comme l’un des points noirs de la CAN 2025, régulièrement remis en cause par joueurs, entraîneurs et observateurs. La rencontre Algérie–RDC avait déjà suscité de vives contestations, illustrant un malaise profond et persistant.

Selon plusieurs indiscrétions, la commission des arbitres de la CAF traverse actuellement une zone de fortes turbulences. Certains arbitres de premier plan pourraient même être écartés pour des raisons extra-sportives, notamment le non-respect des accords de sponsoring officiels, un détail en apparence mineur mais révélateur d’un climat interne particulièrement tendu.

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