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Triste nouvelle : le football français perd l’une de ses figures

Momar Touré3 min de lecture
Triste nouvelle : le football français perd l’une de ses figures

Il demeure l’une des figures les plus emblématiques du football français. Entraîneur octuple champion de France, double finaliste de la Coupe d’Europe et ancien sélectionneur des Bleus, il a conduit l’équipe de France à une remarquable troisième place lors de la Coupe du monde 1958. Comme le rappelle le site Peuple-Vert.fr, Albert Batteux s’est éteint un 28 février 2003, laissant derrière lui un héritage immense.

Avant de marquer l’histoire de l’AS Saint-Étienne avec les titres de champion de France en 1968, 1969 et 1970, ainsi que les Coupes de France 1968 et 1970 — à l’époque où Hervé Revelli affolait les défenses — Batteux s’était déjà imposé comme une référence absolue sur le banc.

Originaire de Reims, ancien milieu de terrain du Stade de Reims dans les années 1940, il avait contribué au titre de champion de France en 1949 avant de mettre un terme à sa carrière à seulement 31 ans, en raison d’une blessure. Devenu entraîneur, il transforme alors le club champenois en première grande puissance du football hexagonal. Visionnaire, il décide notamment de recruter un jeune talent offensif repéré face à Angers : Raymond Kopa. Une décision fondatrice pour la légende rémoise.

Sous sa direction, le Stade de Reims connaît un âge d’or exceptionnel : cinq titres de champion de France (1953, 1955, 1958, 1960 et 1962) et une Coupe de France en 1958. Les Rémois remportent également la Coupe latine en 1953 face à l’AC Milan, grâce notamment à un doublé de Kopa. Sur la scène européenne, ils atteignent à deux reprises la finale de la toute nouvelle Coupe des clubs champions, en 1956 et 1959, s’inclinant à chaque fois face au grand Real Madrid.

Les premiers exploits majeurs du football français portent aussi sa signature. Nommé sélectionneur de l’Équipe de France de football en 1955, Batteux conduit les Bleus jusqu’en demi-finale de la Coupe du monde 1958, où ils chutent face au Brésil de Pelé (5-2). La France décroche ensuite la troisième place en dominant l’Allemagne de l’Ouest (5-3). Lors de ce tournoi historique, Just Fontaine inscrit un record toujours inégalé de 13 buts sur une seule édition, tandis que Kopa, meneur de jeu inspiré, remporte le Ballon d’Or quelques mois plus tard.

Plus tard, de retour à Saint-Étienne, Batteux laisse une empreinte forte dans le Forez, même s’il ne parvient pas à franchir un nouveau cap en Coupe d’Europe. Ce sera l’œuvre de Robert Herbin, dont les méthodes novatrices mèneront les Verts jusqu’à la finale de la Coupe des clubs champions en 1976, perdue 1-0 à Glasgow face au Bayern Munich de Franz Beckenbauer.

Le nom d’Albert Batteux reste ainsi indissociable des premières grandes heures du football français, dont il fut l’un des bâtisseurs les plus inspirés.