Au lendemain du limogeage de Pape Thiaw à la tête de l’équipe nationale du Sénégal, de nouvelles révélations émergent sur les difficultés qui ont marqué son passage à la tête des Lions. Alors que la Fédération sénégalaise de football (FSF) a officiellement décidé de mettre un terme à sa mission après l’élimination du Sénégal en Coupe du monde 2026, le secrétaire général de l’instance, Abdoulaye Saydou Sow, est revenu sur un dossier longtemps resté dans l’ombre : celui de la signature du contrat du sélectionneur, jamais finalisée avant le début du Mondial.
Invité de l’émission Point de Vue sur la RTS 1, Abdoulaye Saydou Sow a reconnu que la gestion de ce dossier n’avait pas été optimale. Sans chercher à faire porter toute la responsabilité à une seule partie, il a expliqué que plusieurs acteurs étaient impliqués dans le processus. « La question du contrat de l’entraîneur ne relève pas exclusivement de la Fédération sénégalaise de football, parce que c’est l’État qui paie », a-t-il déclaré. Il a également précisé que « Depuis le 26 février 2026, le président de la Fédération a soumis au coach un projet de contrat. »

Selon le secrétaire général, les premières discussions ont rapidement buté sur les aspects financiers. Après la transmission du projet de contrat, la réponse de Pape Thiaw aurait révélé plusieurs points de désaccord. « Lorsque nous avons reçu la réponse, nous l’avons exposée à Pape. Et Pape n’était pas d’accord sur les montants et sur le process », a expliqué Abdoulaye Saydou Sow. Les négociations se sont alors complexifiées, empêchant la conclusion d’un accord définitif avant le lancement de la Coupe du monde.
Le dirigeant fédéral affirme que le ministère des Sports avait proposé de maintenir une continuité salariale avec le précédent sélectionneur. « Le ministère des Sports avait proposé d’aligner le salaire de Pape Thiaw sur le dernier salaire d’Aliou Cissé », a-t-il indiqué. Une proposition que le technicien sénégalais aurait refusée. « Pape Thiaw n’a pas été d’accord. Après, il a mis dans la boucle ses avocats. Il voulait plus », a poursuivi Abdoulaye Saydou Sow. Il a ajouté que les discussions portaient également sur « les primes » ainsi que sur « les indemnités spéciales », des éléments qui nécessitaient l’accord préalable des autorités étatiques.
Le secrétaire général de la FSF reconnaît que cette absence d’accord contractuel a pu avoir des conséquences sur la sérénité de la sélection nationale avant le tournoi. Il parle même d’« un impair » dans la gestion du dossier, tout en rappelant que la responsabilité était collective. « Toutes les trois parties sont concernées : il y a l’État, il y a la Fédération et il y a Pape Thiaw », a-t-il insisté. Pour lui, les lourdeurs administratives et la répartition des responsabilités ont largement contribué à ralentir les négociations.
Abdoulaye Saydou Sow a également révélé qu’au plus fort des tensions, l’intervention du Président de la République avait été déterminante pour éviter une crise encore plus profonde à quelques semaines de la Coupe du monde. « Heureusement, ce qui a sauvé les meubles ici, c’est l’implication directe du Chef de l’État, qui a permis d’apaiser et de trouver une solution », a-t-il confié. Cette médiation aurait permis de stabiliser provisoirement la situation afin que l’équipe nationale puisse préparer la compétition dans un climat plus serein.
🎥 Pourquoi la FSF a limogé Pape Thiaw ? Abdoulaye Sow livre les explications
— RTS SENEGAL (@RTS1_Senegal) July 12, 2026
▶️ Extrait #pointdevue – Dimanche 12 juillet 2026
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Pour le secrétaire général de la Fédération, cette affaire met en évidence la nécessité de clarifier les rôles entre l’État et la FSF dans la gestion des contrats des sélectionneurs nationaux. Selon lui, le fonctionnement actuel crée une confusion préjudiciable à l’autorité de l’instance fédérale. « À un moment, même la Fédération perd son autorité devant son coach, parce qu’en vérité, celui qui paie commande presque », a-t-il conclu, estimant qu’une réforme du dispositif serait indispensable pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise à l’avenir.




