Sénégal

Une lettre confidentielle fragilise Abdoulaye Saydou Sow

Momar Touré6 min de lecture
Une lettre confidentielle fragilise Abdoulaye Saydou Sow

L’élimination prématurée du Sénégal de la Coupe du monde 2026 continue de provoquer de vives réactions au sein de la Fédération sénégalaise de football (FSF). Après les critiques exprimées par plusieurs joueurs, c’est désormais un membre influent du Comité exécutif qui prend publiquement position. Bacary Cissé estime que cet échec ne peut être attribué uniquement aux performances sportives de l’équipe nationale. Selon lui, les insuffisances administratives et organisationnelles de la fédération ont largement contribué à fragiliser les Lions durant leur campagne mondiale. Dans une déclaration adressée au président de la FSF et aux membres du Comité exécutif, il appelle à une profonde réforme de la gouvernance fédérale.

Dans son texte, Bacary Cissé cible particulièrement le fonctionnement du Secrétariat général de la Fédération. Il considère que cette structure, chargée de coordonner les activités administratives et logistiques de l’équipe nationale, n’a pas rempli correctement sa mission. Il affirme que plusieurs dysfonctionnements ont été constatés tout au long de la préparation et de la compétition, notamment des problèmes d’organisation, un manque de coordination entre les différents services et des difficultés administratives qui auraient nui au bon déroulement de la campagne du Sénégal.

Une lettre confidentielle fragilise Abdoulaye Saydou Sow

Le dirigeant évoque également plusieurs incidents ayant touché la délégation sénégalaise avant et pendant la Coupe du monde. Il souligne que certains membres du Comité exécutif ainsi que des responsables de l’intendance ont rencontré des difficultés dans leurs démarches de voyage, notamment pour l’obtention de visas. Pour Bacary Cissé, ces situations traduisent des insuffisances importantes dans la planification et la gestion administrative de la mission. À ses yeux, un environnement aussi instable ne pouvait offrir aux joueurs les meilleures conditions pour réussir dans une compétition aussi exigeante.

Selon lui, le Secrétariat général représente le cœur opérationnel de la Fédération sénégalaise de football. Cette structure est responsable de la préparation des missions, de la coordination des différents acteurs et du suivi administratif de toutes les activités de l’institution. Pour cette raison, Bacary Cissé estime qu’il est parfaitement normal que son fonctionnement fasse l’objet d’une évaluation approfondie après un tel échec. Il rappelle que dans toute organisation moderne, les responsabilités doivent s’accompagner d’une obligation de rendre compte.

Une lettre confidentielle fragilise Abdoulaye Saydou Sow

Le membre du Comité exécutif insiste sur le fait que sa démarche ne repose sur aucune considération personnelle. Il affirme agir uniquement dans l’intérêt du football sénégalais. Selon lui, lorsque les mêmes difficultés se répètent au fil des années, que les critiques sur la gestion administrative deviennent récurrentes et que la confiance s’effrite progressivement, il devient indispensable d’engager une réflexion sérieuse sur la gouvernance de la Fédération afin d’éviter que ces problèmes ne se reproduisent.

Bacary Cissé estime que remplacer un responsable n’est jamais une finalité en soi. Toutefois, il considère qu’un changement devient nécessaire lorsqu’un mode de fonctionnement montre clairement ses limites. Il plaide pour une administration plus efficace, plus transparente et davantage tournée vers le service des clubs, des joueurs et de l’équipe nationale. À ses yeux, seule une réforme profonde permettra à la Fédération de retrouver une gouvernance capable d’accompagner les ambitions du football sénégalais.

Dans la conclusion de son adresse, le dirigeant formule une demande claire au président de la FSF. Il estime que la révocation du secrétaire général, Abdoulaye Saydou Sow, est désormais devenue indispensable. Selon lui, cette décision ne doit pas être perçue comme une sanction contre un individu, mais comme une mesure destinée à redonner un nouvel élan à l’administration fédérale. Il affirme que l’avenir du football sénégalais doit primer sur toute autre considération et appelle les dirigeants à prendre leurs responsabilités.

« Monsieur le Président de la FSF,

Mesdames et Messieurs les membres du Comité exécutif,

L’heure n’est ni aux félicitations de circonstance ni aux silences de convenance. L’heure est à la vérité.

Notre élimination prématurée de la Coupe du monde a profondément déçu le peuple sénégalais. Cette contre-performance ne peut être réduite à une simple défaillance sportive. Elle est aussi le révélateur de dysfonctionnements administratifs, organisationnels et stratégiques qui ont fragilisé notre équipe bien avant le premier coup d’envoi.

Une lettre confidentielle fragilise Abdoulaye Saydou Sow

Nous avons tous été témoins de nombreuses difficultés qui ont marqué cette campagne. Des insuffisances dans la préparation, une organisation défaillante, des problèmes de coordination, des interrogations sur certains choix logistiques et administratifs ainsi que des difficultés rencontrées par plusieurs membres de la délégation ont alimenté un climat qui n’était pas favorable à la sérénité de notre équipe nationale. Plusieurs membres du Comité exécutif, tout comme des personnes chargées de l’intendance, ont rencontré des difficultés dans leurs démarches de voyage (problèmes de visas), soulevant des questions légitimes sur l’organisation de cette mission.

Face à une telle situation, notre responsabilité est de nous interroger sur le fonctionnement de notre administration. Le Secrétariat général est le cœur opérationnel de notre Fédération. Il assure la coordination, prépare les missions, veille à leur bonne exécution et garantit le bon fonctionnement administratif. Dès lors, il est normal que son action fasse l’objet d’une évaluation rigoureuse. Dans toute institution moderne, les responsabilités s’accompagnent d’une obligation de rendre compte.

Notre réflexion ne doit pas être guidée par des considérations personnelles mais par l’intérêt supérieur du football sénégalais. Lorsque les mêmes difficultés reviennent, lorsque les critiques sur le fonctionnement administratif deviennent récurrentes et lorsque la confiance s’effrite, il est légitime de s’interroger sur la nécessité d’un nouveau souffle dans la gouvernance administrative.

Changer un responsable n’est jamais une fin en soi. Mais lorsqu’un mode de fonctionnement atteint ses limites, le changement peut devenir un acte de responsabilité. Notre ambition doit être de bâtir une administration plus performante, plus transparente, plus collégiale et davantage au service des clubs, des joueurs et de l’équipe nationale.

Le football sénégalais mérite une gouvernance exemplaire. Nos joueurs méritent un environnement irréprochable. Nos supporters méritent une institution qui tire toutes les conséquences de ses échecs.

Si nous voulons retrouver le chemin de l’excellence, nous devons avoir le courage de revoir notre organisation, de renforcer les mécanismes de responsabilité et, Monsieur le Président, aujourd’hui plus que jamais, la révocation du Secrétaire général, Monsieur Abdoulaye Sow, est devenue plus qu’une demande sociale. Elle est une exigence.

Le véritable enjeu n’est pas le sort d’un homme. Le véritable enjeu est l’avenir du football sénégalais. C’est cet avenir que nous avons le devoir de protéger. »

Bacary Cissé
Membre du Comité exécutif de la Fédération sénégalaise de football.