Pour sa toute première sortie face aux médias en tant qu’entraîneur de l’OM, Habib Beye a choisi la sobriété. Pas de place pour l’émotion ni pour la nostalgie : le technicien sénégalais a rapidement tourné son regard vers l’essentiel, sa mission et le déplacement crucial à Brest prévu demain. Concentration maximale, discours clair, objectif assumé : lancer son aventure marseillaise par une performance solide.
C’est un visage familier du Vélodrome qui a dirigé la séance ce matin. Depuis hier, Habib Beye est officiellement le nouvel entraîneur de l’Olympique de Marseille. Et le tempo est déjà soutenu : il sera sur le banc dès ce vendredi (20h45) pour son tout premier match, sur la pelouse du Stade Brestois 29, en ouverture de la 23e journée de Ligue 1.

Tout s’accélère pour le technicien sénégalais, habitué aux défis express depuis ses débuts sur un banc en National avec le Red Star FC. Il y a à peine treize jours, l’ancien international dirigeait encore le Stade Rennais FC, une expérience qui s’est achevée dans un climat plus que délicat.
Rien n’a été à jeter lors de son passage en Bretagne, bien au contraire : la saison dernière, Habib Beye avait réussi à maintenir le Stade Rennais FC parmi l’élite. Mais désormais, seuls les résultats diront si le costume marseillais est taillé pour lui.
« Je me suis construit dans le temps. J’ai débuté en National, j’ai avancé étape par étape. Je n’ai rien à prouver à qui que ce soit. Si je suis là, c’est parce que j’ai travaillé. Maintenant, je dois démontrer que ce travail peut répondre aux objectifs », a expliqué le nouveau coach de l’Olympique de Marseille lors de sa présentation.
« Il faut ressentir cette ville, il faut l’incarner »
Dans une salle conquise d’avance, l’ancien latéral droit, qui a porté les couleurs olympiennes entre 2004 et 2008, affichait le sourire. « Je connais le contexte, même s’il a évolué en près de vingt ans. L’aura du club est immense et ça n’a pas changé. Il faut ressentir cette ville, l’incarner. Mon atout, c’est d’avoir vécu ces valeurs pour les transmettre à mon groupe. »
Un message adressé à un vestiaire en quête de repères après des semaines agitées sous la direction de Roberto De Zerbi.
« Je ne considère pas l’équipe comme malade. C’est une question de dynamique. Il y a ici une vraie qualité de travail. C’est une nouvelle étape dans ma carrière et je l’assume pleinement. La pression ne me fait pas peur. »
Le technicien a insisté sur sa volonté « d’apaiser le contexte », alors que le club traverse une période de transition avec le départ annoncé de Pablo Longoria et la montée en puissance de Medhi Benatia, artisan de son arrivée.

« Les gens ont envie de vibrer »
À court terme, cela passera par un résultat à Brest. À plus long terme, Beye veut bâtir une identité claire : « Il faut être vertical et proposer du bon football. Parler d’un projet de jeu maintenant serait prématuré, mais les gens ont envie de vibrer et de se reconnaître dans cette équipe. On ne peut pas dénigrer ce qui a été fait : il y a eu du spectacle. Ici, le public est amoureux du jeu et du club, et il sanctionne très vite. »
Son passé de joueur à Marseille lui offre un capital sympathie certain. Mais sur la Canebière, seule la vérité du terrain comptera.




