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Sénégal : la version choc des 18 supporters jugés au Maroc

Noyine Touré3 min de lecture
Sénégal : la version choc des 18 supporters jugés au Maroc

L’affaire des 18 supporters sénégalais interpellés au Maroc après la finale de la CAN 2025 connaît un nouveau développement judiciaire. Alors que le dossier a suscité de vives réactions depuis plusieurs semaines, la défense a désormais présenté sa lecture des événements ayant conduit aux incidents survenus au Stade Prince Moulay Abdellah.

Les prévenus sont poursuivis sur la base de plusieurs dispositions du Code pénal marocain, notamment les articles 267 et 302. Le premier vise les « violences ou voies de fait envers un fonctionnaire ou agent de la force publique », tandis que le second sanctionne les « actes de violence à l’occasion de compétitions sportives », selon L’Équipe. Ces chefs d’accusation concernent directement les échauffourées survenues dans les dernières minutes de cette finale mouvementée.

Une séquence chaotique en tribunes

Les images diffusées montrent plusieurs supporters sénégalais franchissant les barrières séparant les tribunes du bord de terrain. Des heurts éclatent avec des stadiers et des agents de sécurité, avec des échanges de coups et, dans certaines séquences, l’utilisation de chaises comme projectiles, illustrant la gravité de la situation.

Des images plus ambiguës et une défense axée sur le contexte

D’autres vidéos, largement commentées sur les réseaux, montrent des scènes plus confuses, où des supporters sénégalais semblent eux-mêmes pris à partie. L’interprétation de l’origine exacte des violences reste donc au cœur du débat judiciaire.

La défense évoque un mouvement de panique

Me Patrick Kabou, avocat des supporters sénégalais, conteste l’idée d’une irruption volontairement agressive. Selon lui, les tensions auraient d’abord été provoquées par un mouvement de foule au moment du penalty.

D’après sa plaidoirie, plusieurs supporters auraient été « poussés de l’arrière » dans une tribune surchargée. Craignant d’être écrasés, certains auraient franchi les barrières simplement pour se dégager et retrouver de l’espace. L’avocat souligne également une incompréhension linguistique entre stadiers et supporters, expliquant que « ils demandaient simplement le temps de reculer », évoquant un décalage entre wolof et arabe.

Le Sénégal accuse les stadiers d’avoir déclenché les hostilités

Toujours selon la défense, les événements se seraient envenimés après un geste perçu comme hostile. Me Kabou affirme qu’un stadier aurait lancé une chaise vers les supporters, transformant un moment de tension en affrontement ouvert. Cette lecture s’inscrit dans une stratégie visant à démontrer une réaction défensive plutôt qu’une intention de violence préméditée, qualifiant même la situation de « judiciarisation de la frustration ».

Un dossier sensible entre le Sénégal et le Maroc

Depuis les interpellations du 18 janvier, l’affaire a largement dépassé le cadre strictement judiciaire. Au Sénégal, de nombreux mouvements de soutien se sont manifestés, Pape Matar Sarr affichant publiquement le sien. Les conditions de détention et l’accès à la défense ont également été régulièrement débattus.

La plaidoirie attendue ce jeudi apparaît comme un moment clé. Au-delà du sort des supporters concernés, c’est aussi la gestion des incidents lors des compétitions continentales qui est scrutée. Dans un contexte encore marqué par les polémiques de la CAN 2025, ce procès continue d’alimenter discussions et interrogations, et la traditionnelle « bromance » entre Sénégalais et Marocains en sort sérieusement ébranlée.