L’hypothèse d’un sacre du Portugal lors de la prochaine Coupe du monde continue d’alimenter les débats. Cette fois, c’est la légende brésilienne Cafu qui a apporté son regard, avec franchise et sans détour.
Double champion du monde avec le Brésil, l’ancien latéral droit reconnaît la richesse exceptionnelle de l’effectif portugais. Selon lui, peu de sélections en Europe peuvent se vanter de compter autant de joueurs majeurs évoluant dans les plus grands clubs du continent, titulaires en Ligue des champions et régulièrement décisifs au plus haut niveau.

Sur le plan individuel, Cafu est catégorique : le Portugal fait partie, voire domine, l’élite mondiale en matière de talent. « Le Portugal possède les meilleurs joueurs dans les meilleurs clubs d’Europe », affirme-t-il, estimant qu’aucune autre nation ne présente une telle concentration de qualité.
Mais cet éloge s’accompagne d’une réserve importante. Pour l’ancien capitaine brésilien, le véritable défi portugais n’est ni technique ni physique. Il est collectif et mental. À ses yeux, la Seleção manque encore d’une identité claire et d’une cohésion totale.
« Ce qui manque au Portugal, c’est l’unité, la conviction de savoir pour qui ils jouent, comment et pourquoi », explique-t-il. Autrement dit, le talent ne suffit pas pour décrocher les plus grands trophées.
Pour appuyer son analyse, Cafu se réfère à l’expérience victorieuse du Brésil lors de la Coupe du monde de la FIFA 2002. Cette année-là, la sélection brésilienne avait fait un choix stratégique fort : bâtir son jeu autour de Ronaldo et Rivaldo.
« Nous avons décidé de jouer pour eux. Le groupe en a fait un principe, et tout s’est ensuite mis en place », se souvient-il. Cette ligne directrice claire et cette unité d’intention avaient permis de transformer un groupe talentueux en champion du monde.

Le message adressé au Portugal est donc limpide : nul besoin d’ajouter des stars. L’essentiel réside dans la définition d’un projet commun, d’un leadership affirmé et d’une vision partagée. Tant que les individualités primeront sur le collectif, les résultats risquent de rester en deçà du potentiel.
Pour Cafu, le jour où cette prise de conscience aura lieu, le Portugal pourra prétendre au sommet mondial. « Une fois qu’ils auront compris cela, ils seront inarrêtables », conclut-il, rappelant une vérité immuable du football : les grandes compétitions se gagnent rarement grâce aux talents isolés, mais presque toujours grâce aux équipes les plus soudées.




