CAN 2025

CAN 2025 : un sélectionneur choque avec ses propos sur le Maroc

Noyine Touré3 min de lecture
CAN 2025 : un sélectionneur choque avec ses propos sur le Maroc
Publicité

Les critiques formulées par Hugo Broos à l’encontre de l’organisation de la CAN au Maroc n’ont pas laissé indifférente l’Afrique du Sud. Le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, est monté au créneau ces dernières heures pour réagir publiquement à ces déclarations.

À dix jours du coup de sifflet final de la CAN 2025, un large consensus se dégage parmi les journalistes et observateurs présents au Maroc : l’organisation du tournoi est un franc succès. Qualité des infrastructures, modernité des stades, fluidité logistique et accueil réservé aux délégations ont été largement salués depuis le début de la compétition. Un constat qui dépasse même le cadre africain.

En Espagne notamment, cette réussite est observée avec une certaine inquiétude. Coorganisateur du Mondial 2030 aux côtés du Portugal et du Maroc, le pays ibérique voit d’un mauvais œil la montée en puissance du Royaume chérifien. Pas un hasard si les médias espagnols multiplient, depuis plusieurs mois, les opérations de lobbying afin que le stade Santiago Bernabéu accueille la finale de la Coupe du monde. La CAN 2025 sert ainsi de vitrine grandeur nature pour démontrer la capacité du Maroc à organiser des événements de très haut niveau.

Pourtant, ces derniers jours, une voix discordante s’est élevée. Le sélectionneur de l’Afrique du Sud, Hugo Broos, a pris le contre-pied de cet enthousiasme général en critiquant publiquement l’ambiance dans les stades et certains aspects de la logistique.
« Je ne ressens pas la même vibe qu’en Côte d’Ivoire ou au Gabon. Lors de ces CAN, à chaque seconde, vous sentiez que vous étiez dans un vrai tournoi », a-t-il déclaré. Avant d’évoquer un épisode vécu par sa famille : « Ils étaient présents vendredi pour le match et c’était littéralement le chaos avant la rencontre. La police bloquait tout le monde, il était impossible d’accéder au stade. »

Des propos qui ont immédiatement suscité la polémique, tant au Maroc qu’en Afrique du Sud, où cette sortie a rapidement pris une dimension politique.

Le ministre des Sports monte au créneau

Hier, le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, est intervenu publiquement pour désavouer son sélectionneur. Très critique à l’égard d’Hugo Broos, il n’a pas mâché ses mots et a tenu à rétablir ce qu’il considère comme la vérité.
« Oui, c’est la meilleure Coupe d’Afrique des Nations de l’histoire », a-t-il affirmé dans des propos rapportés par The Herald.

Visiblement agacé, le ministre a poursuivi à l’arrivée des Bafana Bafana, éliminés par le Cameroun en huitièmes de finale (2-1) :
« J’étais furieux contre le sélectionneur. Très furieux. On ne fait pas ça. On ne va pas dans le pays de quelqu’un pour l’insulter sur ses propres terres. Personne ne devrait agir ainsi. C’est mal. »

McKenzie a également remis en question la légitimité du regard porté par Broos sur l’ambiance autour de la compétition :
« Il est dans des hôtels. Comment peut-il percevoir l’atmosphère à l’extérieur ? Nous, nous étions dans la rue et nous l’avons vécue. »

Dans un geste fort, le ministre sud-africain a tenu à présenter des excuses officielles au peuple marocain :
« Je veux m’excuser auprès des Marocains pour les propos de Hugo Broos. Chapeau bas au Maroc. C’était la meilleure CAN de tous les temps, je peux vous le garantir. Les stades, l’organisation, tout était magnifique. Ils ont prouvé au monde entier que l’Afrique est prête à accueillir des événements mondiaux. »

Un message clair, qui sonne comme une mise au point définitive. Et un soutien politique fort au Maroc, à l’heure où la CAN 2025 s’impose plus que jamais comme une démonstration de force en vue des grandes échéances internationales à venir.



Publicité