Dix-sept supporters sénégalais sont incarcérés au Maroc depuis le 18 janvier dernier, après la fin de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Leur arrestation a provoqué une grande inquiétude parmi leurs familles, qui dénoncent, lors d’une conférence de presse tenue à Rufisque, le manque de soutien juridique et l’inaction des autorités sénégalaises dans cette affaire.
Le porte-parole des familles, Blaise Niang, a exprimé son inquiétude face à l’absence d’assistance juridique pour les détenus. Selon lui, près de trois semaines après leur arrestation, l’incertitude plane toujours sur la situation judiciaire de ces jeunes, qui n’ont, à ce jour, rencontré aucun avocat. Niang souligne également qu’ils refusent de se soumettre à un procès sans la présence d’un avocat, ce qui expose les détenus à un risque élevé d’injustice. Il rappelle que cette situation viole le principe fondamental de la présomption d’innocence, qui garantit à toute personne accusée d’un crime d’être considérée innocente jusqu’à preuve du contraire. Les familles dénoncent ainsi une absence de protection juridique et une privation des droits fondamentaux des détenus.

Aïda Diagne, qui faisait partie du groupe des supporters, a également pris la parole pour relater les promesses non tenues des autorités sénégalaises. Elle affirme que les autorités avaient garanti le retour des supporters incarcérés dans un convoi suivant, après que ceux-ci aient refusé de repartir sans leurs camarades. Cependant, cette promesse n’a jamais été honorée, et depuis, l’incertitude règne. Aïda Diagne souligne l’inaction des responsables politiques sénégalais, notamment le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre, qui n’ont toujours pas pris la parole pour éclairer les familles en détresse.
Les familles des détenus appellent donc à une intervention diplomatique immédiate de la part des autorités sénégalaises. Elles réclament la mobilisation urgente d’avocats pour défendre les jeunes incarcérés et assurer leur retour au Sénégal. « Il est grand temps que la diplomatie sénégalaise se mette en action, afin que ces hommes, qui sont avant tout des chefs de famille, puissent retrouver leur foyer et leur travail. C’était juste un match, nous avons gagné, et il est temps de mettre un terme à cette situation », a insisté Aïda Diagne. La comparution des détenus est prévue pour le 5 février, mais les familles restent dans l’angoisse, attendant des mesures concrètes pour leur libération.




