Sénégal

Derrière la réussite de Habib Diarra, l’histoire bouleversante de son père

Afrique Sports3 min de lecture
Derrière la réussite de Habib Diarra, l’histoire bouleversante de son père
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Dans un entretien accordé à L’Observateur, l’ancien international sénégalais Samba Diarra revient avec lucidité et émotion sur une carrière prometteuse brisée trop tôt, mais aussi sur l’immense fierté qu’il ressent aujourd’hui en voyant son fils Habib Diarra perpétuer le rêve familial sous les couleurs du Sénégal.

À seulement 19 ans, Samba Diarra s’imposait déjà comme l’un des attaquants les plus redoutables du championnat local. Meilleur buteur avec l’ETICS de Mboro, puis vice-champion avec la Linguère de Saint-Louis, il se décrit comme un joueur puissant et technique, n’hésitant pas à comparer son style à celui de Sergio Agüero. En 2000, il atteint le sommet de sa carrière nationale en remportant la Coupe du Sénégal avec Yeggo.

Mais cette ascension fulgurante va brutalement s’arrêter. Présélectionné pour la CAN 2000, Samba Diarra est écarté à la dernière minute à la suite d’un différend administratif avec feu Omar Seck, alors président de la Fédération Sénégalaise de Football et de la Jeanne d’Arc. En cause : son choix de s’engager avec le Jaraaf plutôt que de rejoindre la Jeanne d’Arc. S’ensuivent des expériences à l’étranger, notamment au Koweït et en Grèce avec Panetolikós et Kerkyra, avant qu’une grave blessure au genou ne mette un terme définitif à sa carrière en 2005.

Aujourd’hui, c’est à travers son fils Habib que Samba Diarra vit son rêve inachevé. L’ancien buteur révèle que les pressions étaient énormes pour voir le jeune milieu de terrain opter pour l’équipe de France. Capitaine des sélections de jeunes françaises, Habib Diarra était très convoité.

« Thierry Henry m’a personnellement appelé pour me convaincre de le laisser continuer avec les Espoirs français, en me promettant une place future chez les A. Je lui ai répondu que j’étais un international sénégalais et que mon plus grand souhait était de voir mon fils porter le maillot du Sénégal », confie-t-il.

Si le choix final est revenu à Habib, celui-ci n’a jamais renié ses racines. Né en France mais ayant grandi à Guédiawaye jusqu’à l’âge de 4 ans, le jeune joueur, admirateur d’Idrissa Gana Guèye, a décliné les avances françaises dès l’appel du sélectionneur Aliou Cissé.

Voir son fils disputer la Coupe d’Afrique des Nations représente aujourd’hui une véritable revanche pour Samba Diarra.
« C’est une immense fierté. Je lui ai même dit qu’il m’avait dépassé en football », avoue-t-il, ému.

Il décrit Habib comme un joueur humble, doté d’un mental solide et d’un fort esprit de compétition, hérités de son éducation.
« Il a une grande fierté, refuse le manque de respect et sait reconnaître quand il n’a pas été bon », conclut l’ancien international, comblé de voir son rêve se poursuivre… sous un autre destin, mais avec le même amour du Sénégal .

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