Le 31 mai 2002 reste une date historique pour le football sénégalais. Pour sa première participation à une Coupe du monde, le Sénégal crée la surprise en s’imposant face à l’équipe de France lors du match d’ouverture. Championne du monde en titre et grande favorite, la sélection française est battue par des Lions de la Teranga déterminés, organisés et portés par une forte motivation collective. Cet exploit marque durablement les esprits et s’inscrit parmi les plus grands coups d’éclat de l’histoire du Mondial.
Vingt ans plus tard, les acteurs de cette rencontre continuent de revenir sur les conditions de préparation et l’état d’esprit qui animait le groupe sénégalais. L’enjeu dépassait largement le cadre sportif, tant l’opposition symbolisait une confrontation entre deux nations liées par une histoire commune et une forte présence des joueurs sénégalais dans le championnat français.

Ferdinand Coly a notamment rappelé l’intensité de cette préparation et la volonté de répondre sur le terrain. « Dans nos regards, dans notre attitude, nous voulions montrer qui nous étions, s’était souvenu Ferdinand Coly dans les colonnes du Monde à l’occasion du retour du Sénégal à la Coupe du monde, en 2018. On était motivés comme jamais. Entre le Sénégal et la France, il y a une relation forte, une histoire commune. On respectait beaucoup ces joueurs. »
Dans le même esprit, Khalilou Fadiga est revenu sur certains propos perçus comme un manque de considération envers la sélection sénégalaise. « Il y avait un peu de ça, se souvient Khalilou Fadiga. Je me souviens que Roger Lemerre [ne semblait pas très bien nous connaître, alors que presque tout notre effectif évoluait en Ligue 1, avait raconté Khalilou Fadiga. Marcel Desailly, lui, avait parlé de match folklorique. On avait aussi lu ou entendu des choses sur les marabouts… Bref, ça nous avait piqués ! »
Il insiste également sur les réactions internes suscitées par ces déclarations et par certains comportements perçus comme un manque de respect. « T’as vu que (Bixente) Lizarazu ne te connaissait pas ? »
Plus largement, l’ancien milieu de terrain souligne un sentiment collectif d’incompréhension et de sous-estimation. « Et certains ne faisaient pas la différence entre Souleymane Camara et Henri Camara alors que la plupart des gars jouaient en France, a insisté l’ancien Auxerrois dans les colonnes de L’Equipe. C’était insultant et Bruno a joué sur ça. Il nous mettait les journaux. Tonton Marcel (Desailly) avait dit que ça allait être folklorique ou un terme comme ça. Ça nous avait mis les crocs. On était quand même finaliste de la CAN sans perdre (défaite contre le Cameroun, 0-0, 3-2 aux tab). Il y avait zéro respect. On aime notre continent, on respecte notre CAN. »
La préparation est également marquée par l’influence du sélectionneur Bruno Metsu, qui cherche à stimuler l’orgueil de ses joueurs. « Bruno Metsu avait ainsi provoqué Moussa N’Diaye. « T’as vu que (Bixente) Lizarazu ne te connaissait pas ? Il te prend pour qui ? Tu vas lui montrer, non ? », lui avait-il lancé. »
⏳ J-1 !
— Football Senegal (@FootballSenegal) June 15, 2026
Le premier match du Sénégal 🇸🇳 à la Coupe du Monde 2026 se jouera demain.
🇸🇳 Sénégal 🆚 🇫🇷 France
🕒 15h00 (heure de New York)
🕖 19h00 (heure de Dakar)
Rendez-vous demain pour une entrée en matière très attendue ! 🌍🦁 pic.twitter.com/NCWZAgk4e7
Cette dynamique contribue à renforcer la détermination du groupe. « Bruno en a rajouté un peu et Moussa avait la vapeur qui sortait de la tête quand il a vu Lizarazu, il voulait le piétiner. Finalement, il l’a traversé… »
Au final, cette rencontre reste comme un symbole fort de la montée en puissance du football sénégalais et de sa capacité à rivaliser avec les plus grandes nations sur la scène mondiale.




