Sénégal

Graciés par le Roi du Maroc : la situation des supporters reste incertaine

Momar Touré3 min de lecture
Graciés par le Roi du Maroc : la situation des supporters reste incertaine

Après la libération progressive des supporters sénégalais arrêtés au Maroc en marge de la finale de la CAN 2025, la situation du groupe continue de susciter de nombreuses préoccupations. Sur les 18 personnes initialement détenues, trois avaient déjà regagné le Sénégal plus tôt, tandis que les autres ont récemment recouvré la liberté à la suite d’une grâce accordée par le roi Mohammed VI. Leur retour au pays a marqué une étape importante dans ce dossier qui avait retenu l’attention de l’opinion publique.

À leur arrivée, les anciens détenus ont été reçus au Palais par le président Bassirou Diomaye Faye. À cette occasion, une attention particulière leur a été accordée, notamment à travers des gestes symboliques et matériels. Chaque membre du groupe a ainsi reçu un mouton pour la fête de la Tabaski ainsi qu’une enveloppe financière d’un montant de 2 millions de francs CFA. Ces mesures ont été perçues comme un soutien destiné à accompagner leur réinsertion et à marquer la solidarité des autorités sénégalaises à leur égard.

Cependant, malgré ces gestes officiels, plusieurs anciens détenus affirment que leur situation personnelle reste particulièrement difficile. Le traumatisme lié à leur incarcération prolongée continue d’avoir des répercussions importantes sur leur vie quotidienne. Selon leurs témoignages, la reprise d’une vie normale demeure complexe, tant sur le plan psychologique que physique.

«Il y en a beaucoup qui ne peuvent pas retourner chez eux. Psychologiquement, nous ne sommes pas encore prêts. Physiquement aussi, nous avons besoin d’un suivi médical après ce cauchemar», a alerté Ibrahima Ndiaye, qui fait partie du groupe dans des propos repris par Le Soleil.

Cette déclaration met en lumière les séquelles persistantes de leur détention, notamment les troubles émotionnels et le besoin d’un accompagnement médical adapté. Elle illustre également la difficulté pour certains de retrouver leurs repères sociaux et familiaux après cette expérience.

Le même témoignage a été recueilli lors d’une rencontre entre les 18 supporters des Lions et la présidente de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Amsatou Sow Sidibé. Cette réunion avait pour objectif d’évaluer leur situation actuelle et d’examiner les mesures d’accompagnement possibles pour leur prise en charge.

Selon les informations rapportées par Le Soleil, plusieurs préoccupations majeures ont été exprimées par les anciens détenus. Certains ont notamment indiqué avoir perdu leur emploi durant leur période d’incarcération, ce qui complique davantage leur réinsertion économique et sociale. D’autres évoquent encore des difficultés psychologiques persistantes, qui nécessitent un suivi spécialisé.

Le quotidien national précise également que Amsatou Sow Sidibé a souligné une situation particulièrement préoccupante : «plusieurs supporters travaillaient à l’étranger avant leur arrestation et se retrouvent aujourd’hui dans une situation de précarité, incapables de reprendre leurs activités professionnelles».

Cette réalité met en évidence l’impact durable de leur détention sur leur stabilité financière et professionnelle. Privés de leurs emplois initiaux et confrontés à des obstacles administratifs ou personnels, certains se retrouvent dans une situation de grande fragilité.

Dans ce contexte, la question de leur accompagnement global reste posée, notamment en ce qui concerne la prise en charge médicale, le soutien psychologique et les dispositifs de réinsertion professionnelle. Les autorités et les organisations concernées sont ainsi appelées à poursuivre les efforts afin de permettre à ces supporters de retrouver progressivement une vie normale après cette épreuve.