La Côte d’Ivoire et le Sénégal disputeront pour la première fois une Coupe du monde sans pouvoir bénéficier de la présence de délégations officielles de supporters en provenance de leur pays, en raison de difficultés d’obtention de visas pour les États-Unis, ont indiqué jeudi à l’AFP des représentants des deux pays.
La politique migratoire particulièrement restrictive des États-Unis complique l’entrée sur le territoire de certains ressortissants étrangers. Elle touche également des acteurs du tournoi, comme l’arbitre somalien Omar Artan, refoulé malgré la possession d’un visa valide.

« Les supporters ont renoncé au voyage parce que l’État américain ne veut pas voir des supporters de certains pays dont la Côte d’Ivoire, sur son sol. Les États-Unis ont été clairs avec nous en disant qu’ils ne voulaient pas voir nos supporters », peste Julien Kouadio Adonis, président du Comité national des supporters des Éléphants (CNSE), cité par l’AFP.
Il ajoute : « Cette situation nous fait très mal car elle nous empêche d’accomplir notre devoir régalien, c’est à dire, supporter notre équipe. Nous aurions pu présenter notre culture, notre savoir-faire en matière de supporter dans les tribunes ».
Seule une petite délégation d’officiels du CNSE a finalement été autorisée à se rendre aux États-Unis. Lors des précédentes éditions de la Coupe du monde ou de la CAN, l’organisation envoyait habituellement plusieurs dizaines de supporters.
En mars, M. Kouadio avait évoqué l’objectif d’envoyer environ 500 supporters outre-Atlantique.
Les quelques représentants autorisés auront pour mission « d’encadrer les supporters ivoiriens basés aux États-Unis », selon M. Kouadio, qui précise également que l’obtention des visas a été particulièrement complexe : « cela n’a pas du tout été facile pour obtenir les visas. Il a fallu discuter, négocier pour se faire entendre ».
La Côte d’Ivoire devra donc compter sur sa diaspora, estimée à plus de 1 000 personnes sur place par le CNSE.
Au Sénégal, la situation est similaire, avec l’impossibilité d’envoyer des délégations officielles de supporters.
« Depuis que le Sénégal participe à la Coupe du monde c’est la première fois que nous n’envoyons pas de délégation en raison des contraintes liées à l’octroi des visas par les Etats Unis », a indiqué Ndèye Dome Thiouf, conseillère communication du ministère des Sports.
Le ministère avait tenté d’organiser le déplacement de présidents d’associations de supporters, entièrement pris en charge par l’État, mais leurs demandes de visa ont été refusées.
« Personnellement, je suis déçu. Je pense qu’organiser une Coupe du Monde ne devrait pas causer autant de problèmes », a regretté Pape Mass Gueye, président du groupe de supporters Lebougui.
Pour pallier cette absence, l’État sénégalais prévoit d’attribuer 400 billets par match de l’équipe à des ressortissants déjà présents sur le territoire américain.

Enfin, le chef de la diplomatie américaine a rappelé : « Votre billet n’est pas un visa ».
Ces restrictions, combinées au coût élevé des billets, alimentent les critiques autour d’un tournoi jugé de plus en plus éloigné de sa base populaire.
La Côte d’Ivoire disputera deux de ses trois matches de poule aux États-Unis, le 15 et le 25 juin à Philadelphie contre l’Équateur et Curaçao, tandis que le 20 juin elle affrontera l’Allemagne à Toronto, au Canada.




