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Mondial 2018

Sénégal-Colombie : Roger MILLA donne la recette aux «Lions»

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Il vit le Mondial de loin. Mais connait parfaitement la saveur particulière de ce banquet. Légende vivante du football mondial et africain en particulier, Roger Milla a séduit la planète football, en portant, à 38 ans, le Cameroun sur ses épaules à la Coupe du monde 90 en Italie. Ses pas de danse légendaires pour célébrer son doublé contre la Colombie (2-1), sont entrés dans l’histoire : Les «Lions Indomptables» accédaient ainsi en quart de finale du Mondial en dansant le Makossa. A l’époque, le Cameroun n’était pas la faveur des bookmakers face à la bande à René Higuita, portier mythique des Colombiens. Mais le Vieux briscard avait les reins assez solides pour déjouer les pronostics. Il donne la recette aux «Lions», qui affrontent demain la Colombie pour un match de poule décisif qualificatif au second tour.

 

Roger, les deux premières sorties des «Lions» vous ont-elles rassuré ? 

Le Sénégal a une très bonne équipe, bien structurée. Ils ont gagné contre la Pologne et ont fait match nul contre le Japon, la Coupe du monde ne s’arrête pas là. Il faut battre la Colombie ou moins, match nul. Une défaite pourrait être fatale, il faut assurer. Pour cela, le Sénégal doit rester lui-même. Il ne doit pas chercher à changer son style de jeu. L’autre chose, c’est d’être plus réaliste, en concrétisant la moindre occasion.

 

Vous connaissez bien ces genres de match, pour en avoir beaucoup disputé durant votre carrière, notamment à la Coupe du monde 90 en Italie. Comment aborder une rencontre aussi décisive que celle devant opposer le Sénégal à la Colombie, jeudi pour le compte de la troisième et dernière journée de la poule H ? 

Avec beaucoup de détermination. Beaucoup de volonté. Il faut absolument être prêt au sacrifice sur le terrain. Le reste, c’est d’avoir une équipe bien en place. Je pense que si les Lions font ce qu’ils ont à faire, ils n’auront pas de problème.

 Pensez-vous que cette équipe colombienne est à la portée du Sénégal ? 

Je dirai qu’elle est supérieure à l’équipe du Sénégal. Mais c’est au Sénégal de prouver le contraire. En 90 au Mondial italien, la Colombie était supérieure au Cameroun. Mais nous avons déjoué tous les pronostics. C’est au Sénégal de faire la même chose. Ce n’est pas parce que la Colombie a perdu son premier match que c’est une équipe à la rue : elle reste une grande équipe. Il faudra être concentré jusqu’au bout.

 Quel secteur du jeu faudra-t-il renforcer face à cette équipe colombienne ? 

Tous les secteurs doivent être renforcés. Il faut être bon partout : une attaque décisive, un milieu travailleur, une défense solide et un gardien vigilant. Même le banc de touche doit être concerné. La moindre occasion doit être transformée, pour entamer le moral des Colombiens. Il faudra beaucoup de sérénité derrière. Si l’on n’encaisse pas de but, on aura une chance de faire un bon match. La conservation du ballon sera également un aspect important, en utilisant chaque ballon à bon escient.

Faudrait-il reproduire le même match que contre la Pologne ?

Pour moi, la Pologne, n’est pas l’équipe la plus faible, mais parmi les plus faibles de cette Coupe du monde. Il ne faut pas que le Sénégal se base sur son match contre la Pologne pour préparer la Colombie. Celle-ci est une très grande équipe. Elle est très forte. Encore une fois, il faudra être très vigilant. Le match du Sénégal contre la Pologne ne peut pas être un bon baromètre. La Colombie ne joue pas de la même manière que la Pologne.

Est-ce que cette équipe colombienne, composée de joueurs talentueux et décisifs, a des faiblesses que l’on pourra exploiter ? 

La Colombie est montée en puissance. Quand une équipe est sur une telle lancée, elle peut battre tout le monde. Le Brésil et l’Argentine en savent quelque chose. Je ne vois pas beaucoup de faiblesses dans cette équipe colombienne. Elle a commencé la compétition timidement, pour ensuite monter en puissance. Il faut que le Sénégal prenne cette équipe comme si elle n’avait pas de faiblesses. Il faut la respecter et l’affronter en jouant son football.

Contrairement aux éditions précédentes, on n’a pas vu cette année, un avant-centre africain de classe mondiale, comme vous l’avez été en 90 en Italie et Samuel Eto’o ou Didier Drogba par la suite. Qu’est-ce qui explique cela à votre avis ? 

Peut-être que les attaquants d’aujourd’hui ne travaillent pas beaucoup. Un avant-centre ne doit pas trop dépendre du collectif. Il a un travail personnel à faire en permanence. Moi, je pouvais prendre un ballon dans la surface de réparation, éliminer deux défenseurs et marquer. Le travail de l’attaquant est d’abord individuel. Malheureusement aujourd’hui, nos attaquants ne comptent pas trop sur le travail individuel, mais sur le collectif. En plus, beaucoup d’entre eux sont très maladroits, ils ne travaillent pas suffisamment leur adresse devant les buts. La force de tout grand attaquant est l’adresse devant les buts. Un attaquant ne doit pas faire un contrôle de deux à trois mètres, il perd le ballon. A ce niveau-là, il faut jouer juste et bien.

N’est-ce pas un problème de personnalité et de caractère… 

Evidement, il faut avoir une forte personnalité. Moi, je rentrais dans le stade avec la volonté ferme d’aller éliminer mon adversaire. Mon objectif premier était de dominer mon vis-à-vis direct, voire celui qui va le couvrir. Je marquais mon territoire. C’est important pour un attaquant d’avoir une forte personnalité, un ascendant psychologique sur le défenseur.

IGFM : senxibar

Directeur de Publication à Afrique Sports

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