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Foot Africain

L’âge des joueurs, le cancer du football africain !

Amos Traoré

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Le phénomène de trafic sur l’âge est un phénomène très répandu dans le monde du football. Sur le continent Sud américain et Asiatique la pratique existe, mais il faut reconnaître que c’est l’Afrique qui remporte la palme en la matière. En effet, le trafic sur l’âge est largement répandu dans les milieux footballistiques africains. Pour de multiples raisons les joueurs peuvent être amenés à modifier leur état civil, dans l’espoir de mener une belle carrière en Europe. Sur le continent, la formation des jeunes footballeurs est trop souvent bafouée or que dans le domaine du football, l’âge joue un rôle essentiel dans le processus de développement du footballeur car c’est en fonction de l’âge que sera mise en place tout une série de tests qui va permettre de connaître quel est le type d’entraînement approprié au footballeur, d’élaborer l’alimentation adéquate pour son organisme dans le but d’exploiter au mieux le potentiel du joueur.

Trop souvent, en Afrique, ce passage est négligé dans les structures formatrices. Du coup, dans un souci de rattraper ce retard dans sa formation, le footballeur est tenté de modifier son âge quand survient une occasion de pouvoir évoluer à l’étranger. À la différence des footballeurs en Europe, ceux d’Afrique connaissent généralement un grand retard dans leurs formations. Le phénomène devient très flagrant lors des compétitions internationales de jeunes (Coupe du monde et CAN), où certains joueurs peuvent diminuer de 3 ou 4 ans leur âge afin de se trouver dans la limite d’âge dans l’optique de prendre part au tournoi. Ces pratiques se font sans que les instances décisionnelles du football africain ne réagissent or que c’est un problème très sérieux qui peut nuire dans la durée au football africain.

Le football en Afrique est vu comme un moyen de réussite sociale. Entamer et réussir une carrière professionnelle au plus haut niveau est gage de notoriété et d’abondance financière. Pour cela, de nombreux jeunes footballeurs qui exercent leur passion dans des conditions particulièrement difficiles sont prêts à tout pour réaliser leurs rêves de devenir footballeur professionnel. Aujourd’hui les recruteurs étrangers sont à la recherche de jeunes pépites talentueuses, qui auront un impact dans les clubs où ils seront amenés à évoluer. Donc, un joueur peut avoir différentes qualités mais s’il est un peu trop âgé il n’entrera pas dans les critères des recruteurs. Cela pousse de nombreux footballeurs du continent à modifier leur âge pour toucher du doigt leur rêve. Tous les joueurs du continent sont concernés, même les plus connus. Par exemple, l’international ivoirien, Franck Kessié, qui évolue actuellement au Milan Ac est officiellement né en 1996 mais selon les documents de la fédération ivoirienne de football, il a vu le jour le 1er janvier 1991.

Le Nigeria est passé maître dans l’art du truquage sur l’âge. Si nous prenons le cas des compétitions internationales de jeunes, le Nigeria domine fréquemment les débats, grâce à l’apport de joueurs qui ont triché sur leur âge. Ainsi, le Nigeria a été quintuple champion du monde des moins de 17 ans. Mais vu que le mensonge rattrape toujours, lors de la dernière édition de coupe du monde U20, la FIFA a instauré des tests d’Imagerie à résonance magnétique (IRM) du poignet obligatoire, ce qui permet de vérifier l’âge réel des os du corps. Résultat, sur 60 joueurs, le Nigeria n’a pu en présenter que 34. Tous les titulaires ont été recalés. Que dire du joueur nigérian Victor Emenayo qui évolue en Azerbaïdjan au sein du Azerba Shahdag Qusar. Le 22 septembre dernier un scandale avait éclaté sur son âge. Emenayo affirme avoir une vingtaine d’années or d’après les enquêtes internes du club il aurait au moins 40 ans.

Des légendes du football africain tel El Hadji Diouf, Jay-Jay Okocha, Nwankwo Kanu, et Samuel Eto’o font aussi l’objet de suspicion quant à leur véritable âge. Un ancien joueur camerounais sous couvert de l’anonymat a livré ce témoignage au site trt.net.tr :  » en Afrique, on découvre souvent le talent des joueurs lorsque leur âge est déjà avancé. Très peu des joueurs africains évoluant dans les championnats étrangers livrent leur âge réel. Moi-même, lorsque j’ai voulu jouer au Qatar, j’ai été obligé de modifier mon âge et de changer des documents. »

Vu l’ampleur du phénomène, cela risque de perdurer encore longtemps. Il faut noter que l’une des principales raisons de la modification des informations sur la pièce d’identité par les joueurs du continent est due à des motivations financières comme l’atteste Djitouang Christophe, instructeur FIFA au Cameroun.  » Au Cameroun comme dans de nombreux pays africains, les jeunes sportifs mentent sur leur âge pour lancer leurs carrières professionnelles. Ils font ça pour intégrer des clubs occidentaux où ils seront mieux payés et pour pouvoir ensuite mieux subvenir aux besoins de leurs familles. » 

Cette pratique récurrente du truquage de l’âge a des conséquences désastreuses pour le football africain. La nature a horreur du vide. On peut truquer son âge mais pas sa physiologie. Ainsi, l’on constate fréquemment que des joueurs africains qui sont jeunes sur leurs pièces d’identité, éprouvent des difficultés à un moment données de leur carrière à afficher de bonnes performances. Ils deviennent beaucoup moins endurant, moins vifs, ils prennent du temps à se rétablir de petites blessures et en fin des comptes, il arrive que l’organisme s’use et lâche par la suite. C’est ainsi que de nombreux footballeurs africains mettent un terme à leur carrière.

Il faut vraiment que cette pratique cesse sur le continent, sinon le foot africain aura beaucoup de mal à progresser et les champions authentiques auront du mal à éclore. Comme solution pérenne, il faut à tout prix améliorer des championnats locaux afin que les joueurs puissent se retrouver dans de bonnes conditions pour exprimer leurs talents afin d’éviter que ces derniers aient recours à des méthodes de modification sur l’âge pour s’exiler hors du continent. Il faut aussi mettre fin à la corruption au sein des différentes instances du football en Afrique.

De l’argent est octroyé aux fédérations afin qu’ils puissent aider les différents clubs à se développer et à se structurer convenablement mais hélas, cet argent est fréquemment utilisé à d’autres fins et les clubs professionnels africains sans sponsors ni mécènes se retrouvent sans moyens. C’est donc tout un ensemble qu’il faut prendre en compte pour lutter efficacement contre le trafic sur l’âge et il faut agir rapidement sinon le football africain pourrait le regretter.

Amos Traoré

Je suis un grand féru de sport. J'aime commenter et analyser l'actualité sportive. Je souhaite apporter ma modeste contribution, afin que nous réussissions à transmettre la fibre sportive à un maximum de personnes. Mon sportif de légende, Lance Armstrong

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